Littérature adulte policier

                                                                                                                                                                                     Septembre 2019

THRILLERS ET ROMANS POLICIERS

Les Roses de la nuit — Auteur : Arnaldur INDRIDASON — Éd. Métailié 

À la sortie d'un bal, un couple pressé se réfugie dans le vieux cimetière, mais au cours de leurs ébats la jeune femme voit un cadavre sur une tombe et aperçoit une silhouette qui s'éloigne. Elle appelle la police tandis que son compagnon, lui, file en vitesse. Le commissaire Erlendur et son adjoint Sigurdur Oli arrivent sur les lieux pour découvrir la très jeune morte abandonnée sur la tombe fleurie d'un grand homme politique originaire des fjords de l'Ouest. La victime a 16 ans, personne ne la connaît.

 

Formation d'élite — Auteur : Lee CHILD — Éd. Calmann-Lévy 

1996. Jack Reacher fait encore partie de l'armée. Revenu d'une mission où il a exécuté deux criminels de guerre en Bosnie, il est décoré. Mais, aussi étonnant que cela paraisse, il est aussi renvoyé à l'école avec deux autres agents tout aussi brillants et décorés que lui. Pourquoi ? Il se le demande encore lorsqu'il apprend qu'une cellule djihadiste dormante basée à Hambourg et infiltrée par la CIA vient d'entendre parler d'un traître américain.

 

Un long retour — Auteur : Louise PENNY — Éd. Actes Sud 

Fraîchement retraité, l'ex-inspecteur-chef Armand Gamache retrouve son amie Clara Morrow, venue lui faire part de ses inquiétudes au sujet de son mari, Peter. Le couple d'artistes peintres avait décidé de se séparer provisoirement, en se promettant de se retrouver un an plus tard. Mais la date convenue est passée et Peter n'a pas reparu. Des mouvements bancaires semblent indiquer qu'il a séjourné dans plusieurs villes d'Europe avant de revenir à Québec où l'on perd sa trace. Se pourrait-il qu'il lui soit arrivé quelque chose ?

 

Lost man — Auteur : Jane HARPER — Éd. Calmann-Lévy

Après des mois de silence, Nathan et Bub Bright se retrouvent sur la frontière séparant leurs ranchs, dans l'Outback australien. Leur frère Cameron gît à leurs pieds, mort de soif. Il avait récemment repris la propriété familiale. Nathan et Bub vont y retrouver ceux qu'il a laissés derrière lui : sa femme, ses filles, leur mère, et quelques employés. Mais alors que commence le deuil, Nathan se met à avoir des soupçons. Car si quelqu'un est responsable de la mort de Cameron... les suspects se comptent sur les doigts d'une main.

 

La Tentation du pardon — Auteur : Donna LEON — Éd. Calmann-Lévy

Quand le commissaire Brunetti reçoit une collègue de sa femme inquiète pour son fils Alessandro qui se drogue, ce sont le père de famille et le policier qui se mobilisent aussitôt en lui. Au même moment, un homme est retrouvé au pied d'un pont, gravement blessé : le père d'Alessandro. Brunetti fait le lien avec les addictions de son fils. Aidé de la belle commissaire Griffoni et de l'astucieuse signorina Elettra, il mène son enquête dans un réseau de mystérieux indics du monde de la drogue.

 

Quatre jours de rage — Auteur : Kris NELSCOTT — Éd. L'Aube 

1969. Smokey Dalton est de retour à Chicago. Si sa relation avec Laura Hathaway est toujours aussi confuse, il a en revanche récupéré son boulot d'inspecteur d'immeubles pour la compagnie Sturdy. Le sort le rattrape lorsqu'il découvre plusieurs cadavres emmurés dans la cave d'une maison, et que le leader des Black Panthers lui demande d'enquêter sur les violences policières qui ont conduit à la mort de deux pacifistes noirs...

 

L'Agence — Auteur : Mike NICOL — Éd. Gallimard 

Au sein d'un régime présidentiel corrompu, à l'Agence, diverses factions intriguent dans l'ombre. Vicky, espionne débutante, doit convaincre la belle amie du fils du président de trahir son amant. Fish Pescado, détective privé occasionnel, cherche à identifier l'instigateur d'un attentat visant le colonel Kolingba, qui préparait au Cap un coup d'État en Centrafrique. Et Henry, survivant de l'époque de la Lutte, s'emploie à fomenter un complot des plus tordus. Qui va tirer son épingle du jeu ?

 

Mon territoire — Auteur : Tess SHARPE — Éd. Sonatine 

À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, qui élève sa fille pour qu'elle lui succède. Adolescente, Harley s'occupe du Ruby, un foyer pour femmes en détresse, fondé des années plus tôt par sa mère. Le jour où une des pensionnaires du Ruby disparaît, Harley, en passe de reprendre les rênes de l'empire familial, décide de faire les choses à sa manière.

 

Accident de l'A35 — Auteur : Graeme MACRAE BRUNET — Éd. Sonatine

Avocat respectable dans une petite ville alsacienne, Bertrand Barthelme trouve la mort une nuit dans un accident de voiture. Lorsque l'inspecteur Georges Gorski vient annoncer la triste nouvelle à sa femme, celle-ci lui apparaît peu affectée. Une seule question semble l'intriguer : que faisait son mari sur cette route au milieu de la nuit ? Question banale en apparence, mais qui va vite mener Gorski à s'interroger sur la vie de cet homme et de ce couple de notables apparemment sans histoires.

 

Mensonge — Auteur : J. P. DELANEY — Éd. Mazarine 

Étudiante en art dramatique à New York, Claire finance ses cours en jouant un rôle peu conventionnel : elle flirte, pour le compte d'un cabinet d'avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d'infidélité. Sa couverture fonctionne parfaitement... jusqu'à ce que l'une de ses« proies » soit soupçonnée de meurtre. La police exige alors de Claire qu'elle utilise ses talents d'actrice pour pousser Patrick Fogler à confesser son crime. En somme, qu'elle serve d'appât.

 

Askja — Auteur : Ian MANOOK — Éd. Albin Michel 

Dans le désert de cendre de l'Askja, en Islande, le corps d'une jeune femme assassinée reste introuvable. Près de Reykjavik, des traces de sang et une bouteille de vodka brisée au fond d'un cratère, mais là non plus, pas le moindre cadavre. Et dans les deux cas, des suspects à la mémoire défaillante...

 

Jours de glace — Auteur : Maud TABACHNIK — Éd. City

 

En quelques minutes, la petite ville de Woodfoll, dans le grand Nord canadien, est balayée par une tempête d'une violence inouïe. La panne électrique a ouvert les portes de la prison, libérant quatre violeurs, pédophiles et meurtriers récidivistes qui se retrouvent dans la nature. Quand des cadavres sont retrouvés, sauvagement mutilés, les soupçons se portent forcément sur les évadés. Mais sont-ils les vrais coupables de ces atrocités ?

 

Les Mangeurs d'argile — Auteur : Peter FARRIS — Éd. Gallmeister

À quatorze ans, Jesse Pelham vient de perdre son père à la suite d'une chute dans leur domaine de Géorgie. Accablé, il se réfugie dans les bois et se rend sur les lieux du drame. Il y fait la rencontre de Billy, un vagabond traqué depuis des années par le FBI. Une troublante amitié naît alors entre cet homme au passé meurtrier et le jeune garçon solitaire. Mais lorsque Billy révèle à Jesse les circonstances louches de l'accident dont il a été le témoin, le monde du garçon s'effondre une deuxième fois.

 

Au nom du bien — Auteur : Jake HINKSON — Éd. Gallmeister 

Richard Weatherford est le prédicateur d'une petite ville de l'Arkansas. Lorsqu'il devient la proie d'un maître-chanteur, Weatherford doit désespérement trouver l'argent pour acheter son silence. Il propose donc à Brian Harten, un aspirant entrepreneur qui veut ouvrir le premier liquor store dans leur comté où l'alcool est banni, d'étouffer l'opposition religieuse à son projet. Mais le plan de Harten pour se procurer l'argent tourne au désastre et la mort vient frapper aux portes de l'église.

 

L'Héritage Davenall — Auteur : Robert GODDARD — Éd. Sonatine 

1882. St John's Wood. Un homme se présente aux portes de la maison de Constance Trenchard. À la stupéfaction de tous, il prétend être James Davenall, l'ancien fiancé de Constance, disparu une semaine avant leur mariage et que tout le monde pense mort depuis dix ans. Si la jeune femme le reconnaît et le croit, toute la famille de James Davenall, en particulier sa mère et son frère, Sir Hugo, héritier du prestigieux domaine de Cleave Court, prétend qu'il s'agit d'un imposteur.

 

L'Infiltré de Moscou — Auteur : Daniel SILVA — Éd. Harper Collins 

Lorsque son agent infiltré se fait assassiner après avoir découvert des documents compromettants, Gabriel Allon (toujours à la tête des services secrets israéliens), se lance sur la piste d'une taupe qui opèrerait au sein du MI6, pour le compte de Moscou. Tout sembler pointer du doigt un agent de la cellule de Vienne du MI6. Sauf qu'il est assassiné à son tour. Allon comprend qu'il est victime d'une machination.

 

Millenium, tome 6 : La Fille qui devait mourir — Auteur : David LAGERCRANTZ — Éd. Actes Sud

C'est par la mort tragique d'un homme, retrouvé amputé de certains de ses doigts et orteils, que commence cette aventure. La victime semble être un SDF que les autorités n'arrivent pas à identifier. Le médecin légiste trouve l'affaire suspecte et prend contact avec Mikael Blomkvist. Bien malgré lui, cette histoire commence à intriguer le journaliste. Des témoins auraient entendu à plusieurs reprises le sans-abri divaguer au sujet du ministre de la Défense...

 

Tangerine — Auteur : Christine MANGAN — Éd. Harper Collins 

Tanger, 1956. Alice Shipley n'y arrive pas. Cette violence palpable, ces rues surpeuplées, cette chaleur constante : à croire que la ville la rejette, lui veut du mal. L'arrivée de son ancienne colocataire, Lucy, transforme son quotidien mortifère. Ses journées ne se résument plus à attendre le retour de son mari, John. La joie des retrouvailles fait place à une sensation d'étouffement, à la certitude d'être observée. La bienveillance de Lucy, sa propre lucidité, tout semble soudain si fragile... surtout quand John disparaît.

 

Le Mystère Sammy Went — Auteur : Christian WHITE — Éd. Denoël 

Kim, une Australienne de trente ans, est sous le choc. Un inconnu vient de lui révéler qu'elle s'appelle en réalité Sammy Went, qu'elle a été enlevée vingt-huit ans auparavant et que sa vraie famille l'attend aux États-Unis. Kim n'en croit pas un mot mais ne peut s'empêcher de se poser des questions. Pourquoi est-il impossible de mettre la main sur des photos d'elle bébé ? Et qui est cette petite Sammy, enfant disparue, à qui elle ressemble tant ?

 

Il était une fois mon meurtre — Auteur : Emily KOCH — Éd. Calmann-Lévy 

Alex est dans le coma depuis deux ans, à la suite d'un accident d'escalade. Sa petite amie Bea, ses parents et sa sœur envisagent l'arrêt des soins comme il ne réagit à rien autour de lui. Mais en réalité, Alex est parfaitement conscient : son corps est certes inerte, mais son esprit est vif, et il entend tout ce qui se passe autour de lui. Quand un jour, Alex surprend deux policiers dans sa chambre, puis Bea se plaindre de se sentir suivie dans la rue, il comprend que le danger les menace tous deux.

 

L'Artiste — Auteur : Antonin VARENNE — Éd. Manufacture de livres 

2001. Les nuits parisiennes voient naître un nouveau monstre. Un serial killer s'en prend aux artistes, transformant chacune de ses scènes de crime en œuvre mêlant esthétisme et barbarie. L'inspecteur Heckmann, flic vedette du moment, se retrouve en charge de cette très médiatique affaire et se lance dans la traque. Mais bientôt il lui semble que tous ces crimes ne sont qu'un moyen pour le tueur de jouer avec lui...

 

La Deuxième vie de Nick Mason — Auteur : Steve HAMILTON — Éd. Calmann-Lévy 

Nick Mason est sorti de prison au bout de cinq ans, et a droit à une deuxième chance. Mais il est loin d'être libre pour autant. Dès que son téléphone sonne, à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, il doit décrocher et faire très exactement ce qui lui est ordonné. C'est l'accord verbal, peut être un rien irréfléchi, qu'il a passé avec Darius Cole, le patron d'un empire du crime qu'il continue de diriger de la prison de Haute Terre où il a été condamné à deux peines de perpétuité...

 

Ne t'enfuis pas — Auteur : Harlan COBEN — Éd. Belfond 

Pour un père, il n'est pas de pire cauchemar que celui que vit Simon : après des mois de silence, voilà qu'il retrouve sa fille, sale et amaigrie, en train de faire la manche en plein Central Park. Son camé de petit ami, Aaron, est de toute évidence responsable de sa déchéance. Trois mois plus tard, Aaron est assassiné dans le taudis du Bronx qu'il partageait avec Paige. Cette dernière demeure quant à elle introuvable. Coupable ou en danger ?

 

Opcop tome 3 : Jeu du loup — Auteur : Arne DAHL — Éd. Actes Sud 

Europol reçoit un indice l'informant que les gangs qui contrôlent et exploitent les mendiants d'Europe sont soutenus par un réseau de trafic d'êtres humains d'envergure. Au même moment, quelqu'un menace une commissaire européenne française alors que celle-ci s'apprête à présenter un projet de loi supposé sauver l'Europe. Paul Hjelm doit employer des méthodes officieuses et contraires à l'éthique afin d'investiguer sur ce chantage, et les preuves désignent l'extrême droite européenne.

Mars 2018

«Blue Light Yokohama»  

OBREGON Nicolas 

Ed. Calmann-Lévy

Iwata, flic solitaire au passé trouble, ne semble pas le bienvenu à la crim de Tokyo. Non seulement  on le charge de remplacer un officier qui vient de se suicider, mais on lui confie une enquête dont  personne ne veut : le massacre d’une famille coréenne dans un quartier malfamé.
 

Épaulé par la jolie Sakai, Iwata comprend vite que ce meurtre ressemble à un étrange sacrifice  humain : le coeur du père a été arraché, et un soleil noir est dessiné sur le plafond. Bientôt, la  veuve d’un grand juge est retrouvée morte dans les mêmes circonstances. Un tueur en série doit  être aux manettes – le tueur au Soleil Noir. Mais qui peut-il bien être ? Un féru de rituels anciens ?

Le membre fou d’une secte obscure ?
 

Quand l’enquête piétine tout en faisant la une des journaux, Iwata se fait renvoyer, mais il  n’abandonne pas son investigation pour autant… Dans une veine à la True Detective, un polar  atmosphérique qui nous dévoile la face obscure d’une société féroce.

 

 

«La fille sous la glace» 

BRYNDZA Robert

Ed. Belfond Noir

Compulsif, intense, le premier volet d'une série survoltée vendue à plus de deux millions d'exemplaires en Angleterre et qui marque l'entrée d'un nouveau nom sur la scène criminelle londonienne. Le froid a figé la beauté de ses traits pour l'éternité. 
La mort d'Andrea est un mystère, tout comme l'abominable secret qu'elle emporte avec elle... 

Connue pour son sang-froid, son esprit de déduction imparable et son verbe tranchant, l'inspectrice Erika Foster semble être la mieux placée pour mener l'enquête. En lutte contre ses propres fantômes, la super flic s'interroge : peut-elle encore faire confiance à son instinct ? Et si le plus dangereux dans cette affaire n'était pas le tueur, mais elle-même ? 
Sur la glace, aucun faux pas n'est permis.

 

 

«Une proie si facile» 

MARSHALL Laura 

Ed. Fleuve Noir

Maria Weston demande à devenir ton amie.
Et si c'était ça, l'origine de tous les problèmes ? 
Au collège, déjà, Maria Waston cherchait désepérément à être admise dans le cercle très fermé des filles les plus populaires de l'école. Mais les rumeurs précédant son arrivée en cours d'année avaient ruiné tous ses espoirs d'y parvenir. Pire encore, elle était devenue la victime facile de leurs manigances. Quand Louise reçoit un jour une demande d'ajout d'ami émanant du compte Facebook de Maria, elle est horrifiée... Car Maria Weston est morte ving-cinq ans plus tôt. 
Alors que Louise a mis des années à enfouir le souvenir de cette fille tout au fond d'elle-même, l'invitation et les messages inquiétants qui s'ensuivent font d'un coup resurgir le passé. Tout comme le secret de Louise, si intimement lié à la disparition de sa camarade. 
Un secret qui, révélé au grand jour, pourrait bien détruire sa vie.

 

 

«Jake»  

REARDON Bryan  

Ed. Gallimard

Simon Connolly est l'heureux père de deux enfants, Jake et Laney. Sa situation d'homme au foyer est pour le moins originale et Simon n'est pas toujours très à l'aise dans ce rôle. Mais, cahin-caha, la famille coule des jours paisibles... Jusqu'au matin où Doug Martin-Klein, un gamin insociable dont Jake est le seul copain, tire sur plusieurs camarades de classe avant de se donner la mort. Les survivants et les blessés sont peu à peu évacués, mais Jake est introuvable. Et très vite soupçonné d'être le complice de Doug. Commence alors pour Simon une véritable descente aux enfers. Comment une chose pareille a-t-elle pu arriver ? Comment a-t-il pu ne rien entrevoir du drame qui se profilait ? Jake est-il coupable ? Où est-il passé ?

 

 

«Le diable rebat les cartes»  

RANKIN Ian 

Ed. Le Masque

Il y a des affaires qu'on ne peut pas oublier. Quarante ans après, John Rebus est toujours hanté par la mort de la belle et volage Maria Turquand, étranglée dans sa chambre d'hôtel alors qu'une fête donnée par une rock star et son équipe résonnait dans la chambre d'à côté. Le tueur n'a jamais été retrouvé. Pendant ce temps, le coeur noir d'Edimbourg est toujours à prendre. Un jeune prétendant, Darryl Christie, semble en bonne position, mais subit une violente agression qui le rend vulnérable, d'autant plus qu'une enquête sur une affaire de blanchiment d'argent menace sa place de caïd. Quant à Big Ger Cafferty, est-il vraiment hors course ou attendait-il le bon moment pour reprendre le contrôle de l'envers de la ville ? Jeux de pouvoirs, corruption profonde et rivalités amères se mêlent dans cette nouvelle enquête brûlante où Rankin et Rebus sont au meilleur de leur forme.

 

 

«Un silence de mort» 

MENDELSON Paul

Ed. Le Masque

Il y a sept ans, au Cap, trois écoliers ont été enlevés en plein jour à quelques heures d’intervalle. On ne les a jamais revus. Pour le colonel Vaughn de Vries, c’est un échec personnel qui continue de le hanter depuis toutes ces années, et qui lui a aussi coûté son mariage.
Lorsque les cadavres de deux adolescents sont retrouvés, le mystère de ces disparitions semble pouvoir s’éclaircir. Mais aujourd’hui, le colonel de Vries fait lui-même l’objet d’une investigation et l’avenir de son service est tout sauf certain. Tout en luttant dans le bourbier des tensions sociales au sein du système sud-africain, de Vries cherche à faire surgir la vérité. Le colonel n’aura pas d’autre choix que de plonger dans une histoire terrifiante d’abus et de violence pour briser, enfin, le silence du passé.
 
Une enquête à vous glacer le sang au cœur des velds immenses de l’Afrique du Sud où les rivalités raciales et les conflits politiques dominent.

Novembre 2017

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

«Candyland»

MILLER Jax  

Ed. Ombres noirs

Cane (Pennsylvanie). Il y a plus de trente ans, Sadie Gingerich, jeune amish en rupture avec sa famille, y a ouvert un magasin de sucreries. La cité minière, autrefois prospère, est désormais un repère de trafiquants de gnôle et de meth. Quand Thomas, le fils de Sadie, est retrouvé sauvagement assassiné, c'est Allison, la nièce de l'inspecteur Braxton, alcoolique invétéré, qui est accusée du meurtre. Il est loin le temps où le nom de la petite bourgade était associé à celui de Candyland, parc d'attraction vedette du pays. Le goût du sucre est remplacé par celui des cendres, de la poudre et du sang.

 

 

Les Infâmes (NB octobre 2015) a été couronné par le Grand Prix des Lectrices de Elle (catégorie Policier 2016). Ce nouveau roman, tout aussi noir, a pour cadre l'univers des « petits Blancs » de l'Amérique. Face à une police inefficace, cohabitent alcooliques, dealers, junkies, meurtriers... Tous descendent des anciens mineurs, sauf la communauté amish, voisine des lieux du drame. Les éléments d'un gigantesque puzzle se mettent en place. Les flash-back permettent de comprendre une intrigue complexe servie par un style au lyrisme parfois excessif, mais les rebondissements tiennent le lecteur en haleine. (A.-C.C.-M. et B.Bo.)(Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Le beau mystère»

PENNY Louise 

Ed. Actes Sud

Au fin fond d’une forêt québécoise, caché et oublié depuis des siècles, le monastère de Saint-Gilbert-entre-Les-Loups abrite une communauté de moines qui y perpétuent le chant grégorien le plus pur. Mais un jour, rompant leurs voeux de silence, ils enregistrent un disque : cette mise en lumière n’est visiblement pas du goût de tous. Le maître de chapelle est retrouvé le crâne défoncé, recroquevillé sur un mystérieux velin. L’inspecteur Gamache et son adjoint enquêtent. 

 

 

Ce que la science appelle ondes Alpha, l’Eglise le nomme « le beau mystère », qualifiant ainsi l’effet du chant grégorien sur ceux qui le chantent et ceux qui l’écoutent. Pourtant, sous l’apparente harmonie régnant dans ce huis-clos monastique, parmi ces hommes d’exception reliés à Dieu par le plain-chant, couvent de secrètes dissidences, des crispations, de subtils jeux de pouvoir, remarquablement évoqués par Louise Penny (Une illusion d’optique, NB décembre 2016). Si l’enquête a son importance, la psychologie des personnages, tant civils que religieux, prime. Le suspense se déploie jusqu’à la fin, habilement relancé par l’introduction d’éléments extérieurs, cependant que, clé de voûte du roman, le chant grégorien rythme l’alternance des temps de labeur avec les temps de prières, envahit et enchante la lecture.  (Maje et M.-N.P.)(Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«188 mètres sous Berlin»

PARYS Magdalena 

Ed. Agullo Noir

Un polar atypique et un thriller politique qui nous offre un panorama de destins allemands et polonais croisés sur trois générations, sur fond de guerre froide et d'espionnage. 
 

Berlin, 1998. Klaus Kreifeld reçoit la visite d'un certain Foerster, accompagné de son garde du corps. Peu après, il est assassiné. Vingt ans auparavant, en 1981, Klaus avait été chargé de diriger la construction d'un tunnel de 148 mètres de long entre Berlin Ouest et Berlin Est. L'objectif officiel de l'opération était d'organiser l'évasion d'un haut fonctionnaire communiste, le trouble Franz.

 

 

«Le secret des orphelins»

GRIFFITHS Elly 

Ed. Presses de la Cité

Encore un os à ronger pour Ruth Galloway !

Un squelette d'enfant décapité est retrouvé sous la porte d'une vieille bâtisse victorienne à Norwich. S'agit-il d'un sacrifice datant de la période romaine ou de la dépouille d'un petit pensionnaire échappé de l'orphelinat qui occupait les lieux dans les années 1970 ? Experte en datation, l'archéologue Ruth Galloway rejoint l'équipe de l'inspecteur Harry Nelson, partenaire d'investigation – et parfois plus dans l'intimité. Tandis que Ruth remonte la piste du drame et croise le chemin de prêtres retraités, magnats de l'immobilier et druides chevelus, quelqu'un semble décidé à littéralement la faire mourir de peur...
Retour de l'universitaire la plus attachante du venteux Norfolk, intello nourrie aux chips, célibataire attendant un heureux événement, dans un thriller atmosphérique et mystique 
à déguster impérativement avec une cup of tea !

 

 

«La conspiration K» 

CONDON Richard 

Ed. Cherche Midi

Le président des États-Unis, Tim Kogan, a été assassiné en 1960. Nous sommes en 1974 lorsque Nick, le demi-frère de Kogan apprend de la bouche d’un mourant qu’un second tireur a été l’exécutant, infirmant ainsi les conclusions de la commission d’enquête. Il quitte tout pour se lancer à la recherche de la vérité. Elle doit être gênante car tous les témoins de ses découvertes meurent rapidement. Tom Kogan, père des deux garçons et richissime magnat, lui vient en aide.

 

 



L'histoire s'inspire de façon évidente de la mort de John Fitzgerald Kennedy en 1963. Le héros n’appartient pas au sérail politique, mais son père est extrêmement influent. Le tableau dressé des moeurs des dirigeants américains est affligeant, bien dans la verve habituelle de l’auteur (Les Prizzi, NB décembre 2013), décédé en 1996. Les personnages sont très divers, les épisodes se succèdent et il ne faut pas perdre le fil perturbé par les nombreux retours en arrière. C’est un peu tiré par les cheveux et la théorie du complot voudrait réduire les Etats-Unis à une vaste entreprise livrée au seul appât du gain. Ce thriller est cependant réussi et explique la popularité de Richard Condon en Amérique. (E.G.)(Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Redemption road»

HART John 

Ed. JCLattes

Imaginez  :
Un garçon, une arme à la main, attend l’homme qui a tué sa mère.

Une inspectrice de police perturbée affronte son passé à la suite d’une fusillade meurtrière.
Après treize ans de prison, celui qui fut un bon flic se retrouve libre tandis que, dans la forêt profonde, sur l’autel d’une église abandonnée, un corps refroidit enveloppé dans un drap blanc…

C’est une ville au bord du gouffre. C’est le chemin de la rédemption.
Débordant de tension, de secrets et de trahisons, Redemption road prouve encore une fois que John Hart est un maître de la littérature policière.

 

 

«Entre deux mondes» 

NOREK Olivier 

Ed. Michel Lafon

-Adam a découvert en France un endroit où l'on peut tuer sans conséquences. 
 

-Engagé dans l'humanitaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, puis lieutenant à la section Enquête et Recherche de la police judiciaire du 93 depuis dix-huit ans, OLIVIER NOREK est l'auteur de trois romans largement salués par la critique et traduits dans plusieurs pays, ainsi que le lauréat de nombreux prix littéraires. Après Code 93, Territoires et Surtensions, il nous invite dans un monde Entre deux mondes que nul ne peut imaginer, où se rencontrent deux inspecteurs que tout semble opposer et qui devront unir leurs forces pour sauver un enfant

Mars 2017

«La veille de presque tout»

DEL ARBOL, Victorio 

Ed. Actes Sud

 

20 août 2010 en Galice. L’inspecteur Ibarra est appelé à l’hôpital de La Corogne où une jeune femme, accueillie aux urgences grièvement blessée, ne veut parler qu’à lui. Trois ans auparavant, il a retrouvé et tabassé à mort le meurtrier de sa fille. Elle-même, complètement dévastée, s’est provisoirement réfugiée dans la Costa da Morte. Ce même jour, un vieil Argentin est assassiné à Barcelone. Progressivement se dessinent les fils qui unissent ces personnages tous durement malmenés par la vie.

 

 

 

Dans ce roman, les horreurs collectives de la dictature argentine conditionnent les individus, comme le meurtre commis par l’inspecteur dans un moment de fureur vengeresse. « Le temps et l’espace ne changent qu’en apparence si les blessures ne se referment pas. » Les personnages dotés de sentiments exacerbés cherchent à masquer le remords, voire la honte d’actes commis dans un passé plus ou moins ancien. Víctor Del Árbol (Toutes les vagues de l'océan, NB mai 2015) bâtit avec virtuosité une intrigue labyrinthique pendant les deux mois d’été où les vengeances se déchaînent. Il instille un climat délétère, fait de peur, d'angoisse, de solitude. Un puzzle fascinant. (C.P. et B.D.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Stasi Child»

YOUNG, David  

Ed. Fleuve Noir

 

En février 1975, à Berlin Est, le cadavre mutilé d’une jeune fille est retrouvé dans un cimetière, près du « Rempart Antifasciste » (le mur). Le lieutenant Karin Müller de la brigade criminelle est chargée de cette affaire qui paraît simple. Mais l’analyse de la scène met en lumière des aspects troublants. La policière, sous le contrôle sévère de la Stasi, rencontre des difficultés croissantes au cours de son enquête qui la conduit dans un institut de redressement au bord de la Baltique, l’amène à risquer sa vie et détruira son ménage.

 

David Young a choisi, pour son premier roman, de dépeindre l’atmosphère de l’ancienne RDA : le Berlin oriental avec son particularisme, son régime policier, la méfiance des habitants les uns vis-à-vis des autres, les institutions récupérées des nazis et reconverties au bénéfice de l’État. L’omniprésence des dénonciateurs, surtout ceux recrutés parmi les adolescents, est rendue d’une façon terrifiante. Le récit génère un certain malaise en raison de la confusion liée à la rivalité des polices qui se méfient les unes des autres. Mais l’intrigue est crédible et les personnages sont bien campés. (J.M. et J.C.-N.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Un cri sous la glace»

GREBE, Camilla 

Ed. Calmann-Levy

 

Stockholm sous la neige. On trouve le corps décapité d'une jeune femme inconnue, la tête posée à côté, dans la maison d'un riche homme d'affaires mystérieusement disparu. De réputation douteuse, il entretenait une liaison avec une de ses employées follement amoureuse de lui. Les policiers très humains, empêtrés dans leurs propres problèmes, ont une double tâche : trouver l'identité de la victime et celle de l'assassin. Ils croisent leur propre existence avec leur enquête.

 

 

 

Camilla Grebe (Ça aurait pu être le paradis, NB septembre 2010) a publié plusieurs romans policiers avec sa soeur psychiatre avant d'écrire seule. Dans la sombre atmosphère de la nuit scandinave, elle construit une histoire où la psychologie et l’évolution des protagonistes sont aussi importantes que le suspense. L'amour est omniprésent, mais sans apporter une once de sérénité ; il est au centre de toutes les intrigues et de tous les drames. Ceux-ci se révèlent peu à peu dans la vie des différents personnages qui s'expriment à tour de rôle et de fréquents flash-back expliquent la face trouble de leur personnalité. La réussite du livre vient autant du thème que de la qualité de l'écriture ; c'est elle qui rend le thriller passionnant. (V.M. et M.S.-A.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Les fils d'Odin»

GILBERS, Harald 

Ed. Kero

 

Berlin, début 1945. Au cœur d'une ville dévastée, Richard Oppenheimer, juif et ancien commissaire, vit dans la peur de faire partie des tout derniers déportés. Aidé par son amie Hilde, fervente opposante au régime, il mène une existence dans l'ombre. La situation s'aggrave brusquement lorsque Hilde est accusée d'avoir tué son ex-mari, membre des SS impliqué dans les atroces expériences humaines menées à Auschwitz. Avec une broche portant un sigle runique comme seul indice, Oppenheimer se lance dans une enquête risquée pour démasquer le vrai coupable. Ses recherches le mènent à un mystérieux culte germanique qui n'a qu'un seul objectif : assurer la suprématie de la race aryenne

 

 

«Cet été là»

MARTIN, Lee 

Ed. Sonatine

 

Tout ce qu'on a su de cette soirée-là, c'est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu'elle n'était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l'Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l'enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n'a jamais su ce qui était arrivé à Kathy. Que s'est-il réellement passé cet été là ? Trente ans après, quelques-uns des protagonistes se souviennent. Le frère de Katie, son professeur, la veuve d'un homme soupçonné du kidnapping, quelques voisins, tous prennent la parole, évoquent leurs souvenirs. Des secrets émergent, les langues se délient. Qui a dit la vérité, qui a menti, et aujourd'hui encore, qui manipule qui ? 

Avec ce magnifique roman polyphonique, littéralement habité par le désir et la perte, Lee Martin nous entraîne dans la résolution d'un crime à travers une exploration profonde et déchirante de la nature humaine.

 

 

«La guerre invisible»   

CHAPMAN, Drew 

Ed. Albin Michel

 

La jeune Chinoise Hu organise dans le centre de la Chine la révolte de paysans expropriés par des industriels brutaux. Le général Kline recrute le génial mais incontrôlable trader, Garrett Reilly. Celui-ci vient de se rendre compte que des Chinois vendent simultanément des millions de bons du Trésor américain et que, ce faisant, la Chine engage avec l’Amérique une « guerre invisible ». Seul, il peut bloquer l’assaut. Mais le ministre de la Défense et d’autres services de renseignements ne se fient qu’aux armes conventionnelles et ont l’oreille du Président. Qui va l’emporter ?

 

 

 

Drew Chapman ouvre une réflexion sur les possibilités apportées par les nouvelles technologies dans les conflits entre États. On crée le chaos chez l’autre sans qu’il puisse vous en rendre responsable ni même qu’il en soit conscient. L’armée américaine et ses diverses agences ont du mal à saisir cette réalité. L’auteur, scénariste pour le cinéma et la télévision, excelle à égrener une suite de scènes haletantes en Chine, jour par jour, heure par heure. Son héros, complexe et attachant et qui a compris que les chiffres ne mentent pas mais les gouvernements si, est déjà reparti pour de nouvelles aventures. Un excellent thriller. (C.P. et B.T.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

Décembre 2016

«Lux»

MAYERAS Maud

Ed. Anne Carrière
 

Antoine revient à Caduna, en Australie, pour accomplir une vengeance. Vingt ans auparavant, en 1996 – il avait quatorze ans –, sa mère, gravement malade, a quitté la France pour mourir dans son pays natal. Livré à lui-même, il rencontre régulièrement Cockie, un géant aborigène qui déambule en vociférant. Et surtout il se lie avec Hunter, un voisin de son âge « aux mille dents et aux immenses yeux verts ». Rieur mais aussi bagarreur et provocant, il est parfois flanqué de Lark, sa jeune soeur : jalouse, elle assiste à la naissance d'une amitié amoureuse entre les deux adolescents. Cet été va bouleverser leurs vies.

 Entre roman noir et thriller, Lux est le troisième ouvrage de Maud Mayeras, née en 1981. Couleurs, odeurs, grands espaces, vagues prodigieuses font de l’Australie un théâtre idéal pour associer déchaînement des éléments naturels et violence des sentiments. La psychologie des personnages est habilement décortiquée. Amitié, amour, innocence perdue, meurtre, folie : les thèmes abordés sont puissants et prenants. L'écriture est particulièrement incisive. Jusqu'au dénouement, le récit est mené tambour battant et les surprises sont nombreuses. Singularité : une « bande-son » pour chacun des soixante-dix-sept chapitres est proposée en annexe, mais sans CD... (A.-C.C.-M. et M.-C.A.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

 

«La nuit est leur royaume»

EBERSOHN Wessel

Trad. de l' anglais par Fabienne Duvigneau.

Ed. Rivages
 

Abigail Bukula, juriste au ministère de la Justice d’Afrique du Sud, est contactée par un confrère du Zimbabwe, militant de l’Organisation pour la Paix et la Justice. Il lui demande de venir plaider la cause de son cousin dont elle ignorait l’existence, emprisonné avec sept autres opposants au régime. Profitant d’un congé sabbatique, elle accepte, sans se douter de l’ampleur de la tâche et des pièges qui l’attendent. Quel rôle joue ce directeur des Services secrets qui l’attire et la repousse à la fois. Elle est rejointe et secondée par son ami Yudel Gordon, psychologue et spécialiste des prisons.

De l’Afrique du Sud de l’apartheid au régime dictatorial du Zimbabwe, Wessel Ebersohn (La Nuit divisée, NB avril 1994) signe un roman policier aux accents plus politiques que romanesques. L’intrigue sert de prétexte à l’auteur pour décrire un pays en pleine crise politique, économique et sociale. Il dénonce les dérives du gouvernement de Mugabe, la corruption, l’oligarchie, les méthodes répressives et leurs conséquences sur une population toujours plus pauvre et méprisée. Ses personnages sont attachants et leur quête effrénée, semée d’embûches, est haletante. Un roman à l’écriture efficace et sensible, prenant par son actualité. (L.C. et B.V.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

«Irezumi»

TAKAGI Akimitsu

Trad. du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon.

Ed. Denoël
 

I

Durant l'été 1947 à Tokyo, un professeur de médecine de la célèbre université Todai, collectionneur de peaux humaines tatouées, fait la macabre découverte d'un cadavre dont le tronc a été emporté. La victime venait de présenter au concours de la Société des gens tatoués son dos magnifiquement décoré d'un serpent entouré de feuillage, symbole d'une malédiction ancestrale. D'autres cadavres présentant des Irezumi sont également tués et écorchés. Aidé d'un brillant spécialiste en médecine légale, l'inspecteur Matsushita cherche à coincer le coupable. 

Ce roman a connu un vif succès dès sa publication en 1951 et n'est traduit que maintenant en France. L'auteur évoque une pratique qui a été interdite, le tatouage intégral du corps, transformant les tatoués en objets d'art susceptibles de transaction post mortem. Le lecteur évolue dans le milieu des yakusa et des prostituées parmi des personnages à sang froid. L'univers tokyoïte des bas-quartiers est très bien décrit, ainsi que certaines habitudes, croyances et superstitions qui peuvent dérouter le lecteur peu averti. L'intrigue est habilement menée, mais la complexité de la réflexion et l'univers très japonais rend parfois la compréhension difficile. (C.M. et D.D.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

«Le sang du monstre»

LAND Ali

Trad. de l' anglais par Pierre Szczeciner.

Ed. Sonatine
 

Annie, quinze ans, devient Milly. Accueillie dans une famille de Londres, elle intègre le même lycée huppé que Phoebe, la fille de la maison. Personne ne connaît son passé, sauf Mike, le père, psychologue chargé de préparer sa « protégée » à l'épreuve qui l'attend : témoigner au procès de sa mère, infanticide récidiviste, qu'elle a dénoncée à la police. Phoebe, rongée par la jalousie, lui réserve un bizutage odieux. Milly tente de trouver réconfort auprès de Morgan, une jeune voisine, et dans la pratique du dessin où elle excelle. Mais rien ne semble pouvoir la délivrer du lien obsessionnel qui la relie à sa mère.

Ali Land, une ancienne infirmière spécialisée en psychiatrie, livre avec ce premier roman un thriller psychologique haletant, dont l’héroïne est la narratrice. Les traumatismes infantiles et la transmission des notions du bien et du mal en sont le thème central. Sans mièvrerie, dans un style fluide et par des dialogues affûtés, l'auteur décrit formidablement le malaise des adolescents et la cruauté inimaginable dont certains peuvent être capables. Insidieusement et jusqu’au dénouement, elle instille dans l’esprit du lecteur un doute grandissant sur la personnalité et les agissements de la jeune fille. Très efficace et angoissant. (A.-C.C.-M. et J.C.-N.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

«Dans les brumes du mal»

MANZOR René

Ed. Calmann-Lévy
 

 

Caroline du Sud. Depuis quatre mois des enfants sont enlevés et leurs mères assassinées suivant des rites vaudou. Seul point commun entre les victimes : ils auraient été maltraités par leurs parents. Dahlia, marraine de l'un de ces enfants, et qui a subi elle-même des sévices de son père, collabore en tant que membre du FBI à l'enquête aux côtés de Nathan, un compagnon d'enfance. Meurtres rituels ? Pédophilie ? Œuvre d'un détraqué mental ? Aucune des pistes n'aboutit jusqu'au jour où les indices se concentrent sur un proche de Dahlia.

Prix du meilleur roman policier au Festival de Cognac en 2014, René Manzor signe ici une oeuvre haletante, souvent étouffante, avec une fin complètement inattendue. Scénariste-réalisateur, il sait imposer un rythme soutenu à l’enquête : de courts chapitres lui permettent de faire surgir de nouveaux acteurs, de relancer le suspense et de brouiller les pistes. Les émotions des uns côtoient les cruautés des autres. L'opposition de caractères entre enfants porteurs du bien et adultes inventeurs du mal est bien vue. Le lecteur se sent de plus en plus prisonnier d'une toile astucieusement tissée par l'auteur. La lumière a bien du mal à transpercer les sombres brumes des mangroves. (L.D. et A.Be.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

«Le port secret»

ORUÑA María

Trad. de l' espagnol par Amandine Py.

Ed. Actes Sud
 

 

 

Oliver, jeune célibataire anglo-espagnol, fait rénover une vieille demeure reçue en héritage à la mort de sa mère et située à proximité de l’océan, non loin de Santander en Cantabrie. À son arrivée d’Angleterre, il apprend que le cadavre d’un bébé, en partie momifié, vient d’être découvert dans un mur de la maison. Vont resurgir, tout au long de l’enquête menée par la garde civile, bien des questions liées à des faits datant de la guerre civile ou à des secrets de famille.

Ce passionnant et copieux roman doit beaucoup à la grande maîtrise de l’auteur qui déroule en parallèle le récit extrêmement vivant et fouillé des événements résultant de la découverte de la petite victime et un journal autobiographique étonnant. Elle aborde bien des sujets : les retombées locales des conflits depuis 1937, le désir d’ascension sociale, le dilemme entre amour et fortune. Avec en toile de fond la beauté sauvage et mystérieuse d’une région espagnole peu connue, magistralement décrite, María Oruña dénonce la rigidité des moeurs et les blocages auxquels sont confrontés les acteurs du drame. Elle montre les passions qui se nouent entre maîtres et serviteurs, créant des situations parfois tragiques. Les nombreux protagonistes sont remarquablement analysés. (J.M. et J.C.-N.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

«Moissons sanglantes»

ROBINSON Peter

Trad. de l' anglais par Pierre Reignier.

Ed . Albin Michel
 

 

Les vols de bétail et de machines agricoles se multiplient dans le North Yorkshire. Quand l'inspecteur Alan Banks revient de week-end ses collaborateurs du commissariat d'Eastvale sont sur les dents : un tracteur haut de gamme s'est volatilisé dans la ferme de John Beddoes et, non loin de là, un ancien militaire découvre une flaque de sang dans un hangar désaffecté. Deux enquêtes banales vont révéler disparitions et meurtres sur fond de projets immobiliers louches et de pratiques plus que douteuses dans le monde agricole. Qui tire les ficelles ?

Peter Robinson (Le silence de Grace, NB juillet-août 2013) retrouve ses héros récurrents. Dix-neuf volumes des aventures d'Alan Banks ont déjà paru en France. Les amateurs apprécieront l'atmosphère du roman : la brume, la pluie, les pubs et les "fish and chips" sont là, les musiques préférées de l'inspecteur – jazz et classique – aussi. Le travail de fourmi des policiers est bien rendu et on partage, comme d'habitude, les aléas de leur vie sentimentale. Dans une intrigue un peu compliquée, le tri entre les bons et les méchants n'est pas toujours aisé, mais un certain suspense se maintient à chaque nouveau rebondissement. Classique, d'une lecture assez facile. (D.A. et A.-M.D.)(Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

Octobre 2016

 

«Bondrée »

 Andrée-A Michaud

Ed : Rivages

A l'été 67, une jeune fille disparaît dans les épaisses forêts entourant Boundary Pond, un lac aux confins du Québec rebaptisé Bondrée par un trappeur enterré depuis longtemps. Elle est retrouvée morte, sa jambe déchirée par un piège rouillé. L'enquête conclut à un accident : Zaza Mulligan a été victime des profondeurs silencieuses de la forêt. Mais lorsqu'une deuxième adolescente disparaît à son tour, on comprend que les pièges du trappeur ressurgissent de la terre et qu'un tueur court à travers les bois de Bondrée. Une écriture raffinée au service d'atmosphères angoissantes et de subtiles explorations psychologiques, dans la plus pure tradition de Twin Peaks de David Lynch.

 

«Le hibou»

Samuel Bjørk 

Ed : JC Lattes

Traduit du norvégien par Jean-Baptiste Coursaud

 

L'armateur le plus riche de Sandefjord est proche de la mort. Il a une condition, une seule, pour que son fils aîné puisse hériter de sa fortune : du sang impur ne devra pas être mélangé à celui de la famille. Or son fils est amoureux d'une femme déjà mère d'un garçon de deux ans et une fille de quatre ans. Les enfants sont envoyés à l'étranger et le couple est marié dans le plus grand secret. Mais cette union sera de courte durée, et sanglante.
Plusieurs années plus tard, quand une jeune femme est retrouvée assassinée, placée dans un pentagramme de bougies et sur un lit de plumes, certains distinguent des associations en lien avec une autre époque. Les enquêteurs Holger Munch et Mia Krüger ne sont pas du tout préparés à la cruauté à laquelle ils seront confrontés dans cette affaire.

 

«La mort nomade»

Ian Manook 

Ed : Albin Michel

Usé par des années de lutte stérile contre le crime, l incorruptible commissaire Yeruldelgger a quitté la police d Oulan-Bator. Plantant sa yourte dans les immensités du désert de Gobi, il a décidé de renouer avec les traditions de ses ancêtres. Mais sa retraite sera de courte durée. Deux étranges cavalières vont le plonger bien malgré lui dans une aventure sanglante qui les dépasse tous. Eventrée par les pelleteuses des multinationales, spoliée par les affairistes, ruinée par la corruption, la Mongolie des nomades et des chamanes semble avoir vendu son âme au diable !
Des steppes arides au c ur de Manhattan, du Canada à l Australie, Manook fait souffler sur le polar un vent plus noir et plus sauvage que jamais. 

 

 

«Une avalanche de conséquences»

Elizabeth GEORGE 

Ed : Presse de la cité

 

Qu'est-ce que Lily a bien pu découvrir dans le journal intime de son fiancé William Goldacre pour que celui-ci se précipite du haut d'une falaise du Dorset ? Et est-ce un hasard si, quelque temps plus tard, sa mère, Caroline Goldacre, se retrouve mêlée à une sombre affaire : la mort suspecte de Clare Abbott, l'auteur féministe dont elle était l'assistante ? 
Si le lien entre les deux décès semble ténu, voire inexistant, le sergent Barbara Havers est néanmoins déterminée à faire éclater la vérité. Il n'en faudra pas moins pour restaurer auprès de sa hiérarchie son image salement écornée par une précédente enquête. Elle est soutenue par son supérieur, l'inspecteur Thomas Lynley, qui suit une piste à Cambridge, où le corps de Clare a été retrouvé. Barbara Havers, de son côté, cherche quel mystère se cache dans la campagne du Dorset, d'apparence si paisible... 

D'une main de maître, Elizabeth George tire les ficelles d'une énigme troublante où la tragédie côtoie le crime. Lorsque resurgissent des secrets de famille depuis longtemps enfouis se déclenche inévitablement une avalanche de conséquences... 

 

 

«Un coeur sombre»

R. J. ELLORY 

Ed : Sonatine

 

Sous sa façade respectable, Vincent Madigan, mauvais mari et mauvais père, est un homme que sesdémons ont entraîné dans une spirale infernale. Aujourd'hui, il a touché le fond, et la grosse somme d'argent qu'il doit à Sandià, le roi de la pègre d'East Harlem, risque de compromettre toute son existence, voire de lui coûter la vie. Il n'a plus le choix, il doit cette fois franchir la ligne jaune pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il décide donc de braquer 400 000 dollars dans une des planques de Sandià. Mais les choses tournent mal : il doit se débarrasser de ses complices, et une petite fille est blessée lors d'échanges de tirs. Rongé par l'angoisse et la culpabilité, Madigan va s'engager sur la dernière voie qu'il lui reste : celle d'une impossible rédemption. 

Jamais l'expression d' anti-héros n'aura été aussi pertinente. Avec ce portrait passionnant et sans concession, R. J. Ellory creuse au plus profond de la conscience d'un homme au cœur sombre, pour tenter d'en faire resurgir toute l'humanité enfouie. Le bien et le mal, l'innocence et la culpabilité sont en effet si intimement mêlés en Vincent Madigan qu'il lui est devenu presque impossible de les distinguer. D'une écriture si puissante qu'on la ressent physiquement, ce long blues, aussi déchirant qu'une chanson de Tom Waits, aussi maîtrisé qu'un film de James Grey, réserve à son lecteur de tels rebondissements qu'il serait criminel d'en dévoiler plus ici.

 

 

«Message sans réponse»

Patricia MacDonald  

Ed : Albin Michel

 

Il est tard lorsque Eden, jeune éditrice new-yorkaise, reçoit ce message de sa mère, Tara. Leurs relations sont distantes depuis que celle-ci a refait sa vie avec un homme de treize ans son cadet dont elle a eu un petit garçon, Jeremy. Pour Flynn Darby, séduisant diplômé de Harvard, Tara a tout quitté : sa fille, son mari, leur maison. Quitte à payer le prix fort : affronter la rancune d'Eden et devoir élever un enfant atteint d'une maladie génétique très grave.

En décidant de ne pas répondre, Eden n'imagine pas un instant qu'elle n'entendra plus jamais la voix de sa mère : le lendemain, Tara se suicide après avoir tué Jeremy... Rongée par la culpabilité, Eden n'a d'autre choix que de se mettre en danger pour connaître la vérité. Peu à peu, elle découvre un aspect de sa mère qu'elle ignorait mais aussi la personnalité étrange de Flynn...
Virtuose du suspense psychologique, Patricia MacDonald explore les secrets et les fêlures du passé au fil d'une intrigue redoutable.

Mai 2016

«Un papillon dans la tempête »

Lucius Walter

Ed. du Masque

Traduit du néerlandais par Yvonne Pétrequin et Brigitte Zwerver-Berret

Un petit garçon renversé par une voiture et grièvement blessé est retrouvé dans le Bois d Amsterdam. Son identité est inconnue. Seul indice : il porte des habits traditionnels afghans de fille. La journaliste Farah Hafez, d origine afghane, soupçonne qu il ne s agit pas d un simple accident avec délit de fuite. Ses recherches la conduisent dans les plus hautes sphères politiques d Amsterdam, de Moscou et Johannesburg. Petit à petit, son enquête s oriente vers un réseau criminel international. Elle est prête à tout pour faire éclater la vérité, quitte à mettre sa vie en danger.

 

«La conspiration Kolarich»

 David Ellis

Ed .Le Cherche Midi

Trad. de l' anglais par Dinis Galhos.

Jason Kolarich remplace au pied levé l’avocat commis d’office pour défendre un ranger revenu d’Irak gravement traumatisé, devenu SDF et accusé d’avoir abattu une jeune juriste en pleine rue. Convaincu de l’innocence de son client, Jason mobilise son équipe d’avocats, son détective et une mystérieuse jeune femme pour mener une enquête complémentaire et tenter d’arrêter la machine judiciaire qui ne lui accorde aucun délai. La mafia locale interfère à sa manière expéditive, supprimant des témoins gênants tandis que des extrémistes préparent un attentat en centre ville...

 

 

David Ellis (Caché, NB octobre 2012) s’apitoie, à travers son narrateur, sur une victime sans défense face à la redoutable justice dont il connaît bien, en tant qu’avocat, l’efficacité. Il analyse en profondeur l’évolution de l’enquête et du procès : protocole des audiences successives, intronisation de l’avocat, sélection des jurés, audition des témoins, et campe les nombreux protagonistes avec justesse. L’écriture reste conventionnelle et l’excès de détails, souvent superflus, dilue le suspense de ce très long polar au dénouement improbable. Le lecteur s’ennuierait si l’intrigue n’était pas relevée par l’autodérision du personnage principal. (M.B. et J.C.-N.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Mariachi Plazza »

Michael Connelly

Ed . Calmann Levy

À l’unité des Affaires non résolues du LAPD, les victimes meurent rarement une décennie après le crime. C’est pourtant ce qui arrive au mariachi Orlando Merced : le musicien succombe à ses blessures dix ans après avoir reçu une balle lors d’une fusillade apparemment sans autre but que celui de faire respecter la loi des gangs et de terroriser la population. L’inspecteur Harry Bosch hérite donc d’une affaire avec un cadavre certes encore frais, mais aux pistes quasi inexistantes. Rien de mieux pour un vieux de la vieille comme lui qui doit enseigner le métier à sa nouvelle coéquipière Lucia Soto. Étoile montante du service après s’être comportée de façon héroïque au cours d’une fusillade, elle n’a néanmoins aucune expérience véritable du travail d’enquête et c’est à Bosch qu’on demande de la former avant de prendre sa retraite. Décision de la hiérarchie. Mais l’affaire se révèle politiquement très « sensible » : la balle qui a mis tant de temps à tuer le joueur de vihuela n’aurait pas été tirée au hasard.
Sans même parler du fait que ce crime en cache un autre aux enjeux encore plus importants : la mort de plusieurs enfants lors d’un incendie qui, lui, s’est déclenché vingt ans plus tôt.
Tout risquer pour trouver la solution ou, plus sûrement, laisser dormir des secrets bien compromettants, tel est le choix qui s’offre à ces deux inspecteurs aux destins bouleversants.

 

 

«A vol d'oiseau»

Craig Johnson

Ed . Gallmeister

Trad. de l' américain par Sophie Aslanides.

Le principal souci du shérif Walter Longmire est d'obéir au caprice de sa fille qui veut se marier dans la réserve cheyenne du Montana. Mais en s'y rendant, il voit une femme tomber de la falaise, tenant un bébé dans les bras. Seul l'enfant survit. Accident, suicide, homicide ? Aidé de la superbe Lolo, enquêtrice de la police tribale, il dirige des recherches qui le conduisent au coeur de la misérable société indienne. Les jeunes vivent de trafics, les anciens perpétuent leurs traditions. Invité à une cérémonie, l'absorption de mescaline l'entraîne vers des rêves étranges.

 

 

Le ranch de Craig Johnson (Le camp des morts, NB juin 2010) est voisin d'une réserve de Cheyennes où il a de nombreux amis. Sa bonne connaissance de leur milieu donne un accent de vérité aux caractères bien affirmés de ses personnages et aux dialogues, pour le moins virils. Les moeurs sont rudes, le braconnage permet de survivre, les canettes de bière aussi. La nature est au diapason, les corbeaux tiennent compagnie aux hommes sous l'orage. L'enquête adhère bien à cette atmosphère : ni détours ni faux-semblants, pas de place pour la pitié, revolver au poing. Attachant et vivement mené. (V.M. et B.Bo.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Les secrets de l'île»

Viveca Sten

Ed . Albin Michel

Trad. du suédois par Rémi Cassaigne.

Septembre 2007. Un étudiant est retrouvé pendu dans sa chambre. Il faisait des recherches sur l'école des chasseurs-côtiers, une unité d'élite de l'armée suédoise, basée dans les années 1970 à Korsö devant l'île de Sandhamn. Les semaines suivantes, les corps d'anciens élèves sont découverts dans des situations provoquant toutes le même doute : meurtres ou suicides ? Et pourquoi plusieurs décennies après leur passage à Korsö ? L'inspecteur Thomas enquête, aidé de Margit et de Nora Linde. Par ailleurs, le journal d'un ancien militaire décrit le calvaire physique et psychologique que subissaient les élèves.

 

 

Viveca Sten (Les nuits de la Saint-Jean, NB septembre 2015) se base sur des faits réels pour décrire de façon spectaculaire les mythes entourant les chasseurs-côtiers et les épreuves enrobées de mystère endurées par des jeunes à l'amour propre invincible. Elle en expose le sadisme de façon à peine supportable alors que se poursuivent les recherches de policiers ignorant le journal dont le lecteur seul a connaissance. Il s'ensuit un parallèle décalé et réussi entre les investigations mêlées à la vie familiale ou amoureuse des héros récurrents et les souffrances du passé. Haine, remords, culpabilité, sont au coeur de ce très bon roman. (V.M. et B.Bo.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Congo Requiem»  

Jean- Christophe Grangé

Ed. Albin Michel

Comme son père avant lui, Erwan est flic. Fraîchement débarqué du Quai des Orfèvres au Congo Kinshasa, il rêve de coincer son géniteur en élucidant un meurtre vieux de quarante ans injustement attribué par son père à un sérial killer. C’est le début d’un fiasco professionnel et familial qui touchera son frère et sa soeur restés à Paris.

 

 

Dans un pays gorgé d’humidité et de sang, secoué par les conflits ethniques menés par des chefs de guerre en surchauffe et gangréné par les trafics miniers et la corruption, Grangé nous transporte en enfer sur fond de magie Yombé. Le rythme est effréné, le bourbier africain des plus réalistes et le monde des « ngangas » se rappelle aux lecteurs de Lontano (NB novembre 2015) dont ce livre est la suite. Une histoire labyrinthique, mortifère et excitante, basée sur les traumatismes de l’enfance, et la haine d’un père à la fois dieu et démon ; une histoire extravagante dominée par la violence et la folie des hommes, blancs et noirs confondus. Si Grangé abuse parfois des formules et va très loin dans les descriptions des meurtres rituels, la mécanique narrative reste implacable et le roman, quoique long, terriblement efficace. (Maje et B.T.)

(Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

«Le dompteur de lion»

Camilla Läckberg

Ed. Actes Sud

Trad. du suédois par Lena Grumbach.

Pour écrire son prochain roman, Erika Falk se rend régulièrement au pénitencier où elle rencontre une détenue coupable d’avoir assassiné son mari. Cette femme, peu loquace, a un fils et une fille, confiés après le drame, l’un à sa grand-mère, l’autre à une famille d’accueil. Près de Fjällbacka où réside Erika, la jeune Victoria, disparue depuis plusieurs mois, réapparaît, atrocement mutilée, affolée, et se fait renverser en se précipitant sur la route. D’autres disparitions d’adolescentes ont lieu près du centre équestre géré par la femme du vétérinaire, Jonas, apprécié de tous. Une très longue enquête commence.

 

Dans ce nouveau livre, Camilla Läckberg, l’auteur suédoise très appréciée de ses fidèles lecteurs (La faiseuse d’anges, NB juillet-août 2014), se surpasse en multipliant adroitement, comme toujours, les très nombreux personnages et les retours dans un passé où se cache la clé de l’énigme. Ses héros favoris sont bien là : Erika la curieuse, aux intuitions fulgurantes, surmenée, épuisée par ses enfants turbulents, et son mari chéri, Patrick le policier. Leur vie de famille apporte un peu de fraîcheur au suspense habilement maintenu malgré la multiplicité des pistes. L’angoisse monte et la dernière phrase est glaçante ! Bravo ! (C.-M.M. et S.L.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

 

«Tout n'est pas perdu »

Wendy Walker

Ed. Sonatines

Trad. de l' anglais par Fabrice Pointeau.

À Fairview, petite ville aisée et tranquille du Connecticut, Jenny, quinze ans, subit une violente et longue agression sexuelle. À l’hôpital, des médicaments l'aident à oublier, mais son comportement reste inquiétant. Le psychiatre estime que pour effacer le traumatisme toujours présent, il faut la faire parler, seule ou en groupe. Il reçoit aussi, régulièrement, ses parents. La mère est loin d’être aussi parfaite qu’elle en a l’air et le père n’a qu’une obsession, retrouver le coupable. Les indices sont bien minces.

 

 

Dans ce premier roman traduit en français de Wendy Walker, avocate dans le Connecticut, l’enquête sur ce crime odieux est menée par le médecin à partir des révélations de ses patients sur le fameux divan propice aux confessions. Il y réfléchit longuement, étudiant les faits, traquant les moindres non-dits, découvrant des secrets bien cachés sous les allures respectables. Il manipule aisément le policier dans ses recherches. Dans ce livre qui s’étire en longueur, on progresse très lentement vers la découverte du coupable inattendu d’un viol sans cesse ressassé, dans un climat pesant. (C.-M.M. et B.T.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

Avril 2016

 

 

 

 

«Tout ce qu'on s'est jamais dit»

 Ng, Celeste  

Ed : Sonatine

 

 

 

Lydia Lee, seize ans, est morte. Mais sa famille l'ignore encore... 
Élève modèle, ses parents ont placé en elle tous leurs espoirs. Sa mère, Marylin, femme au foyer, rêve que sa fille fasse les études de médecine qu'elle n'a pas pu accomplir. Son père, James, professeur d'université d'origine chinoise, a tant souffert de sa différence qu'il a hâte de la retrouver parfaitement intégrée sur le campus. 
Mais le corps de Lydia gît au fond d'un lac. 
Accident, meurtre ou suicide ? Lorsque l'adolescente est retrouvée, la famille Lee, en apparence si soudée, va devoir affronter ses secrets les mieux gardés. Des secrets si longtemps enfouis qu'au fil du temps ils ont imperceptiblement éloigné ses membres, creusant des failles qui ne pourront sans doute jamais être comblées. 
Bien sûr, T out ce qu'on ne s'est jamais dit distille un suspense d'une rare efficacité. Mais ce livre qu'on garde en soi très longtemps est bien plus que cela. Celeste Ng aborde la violence de la dynamique familiale, les difficultés de communication, le malaise adolescent, avec une intensité exceptionnelle qui évoque l'univers de Laura Kasischke. 

 

 

 

 

«Le lagon noir» 

INDRIDASON Arnaldur 

Ed : Métailié

 

 

 

1979, au temps de la guerre froide, sur une base américaine à l'aéroport de Keflavik en Islande. Le corps d'un ingénieur local qui y travaillait est repêché dans un lagon. L'inspecteur Erlandur est chargé de cette affaire rendue compliquée par l'hostilité des Islandais envers les militaires et par l'arrogante fierté de ces derniers. Il est heureusement aidé par une jeune policière noire américaine. En parallèle, il veut élucider la disparition, vingt-cinq ans auparavant, d'une étudiante de dix-neuf ans et recherche tous ceux qui l'ont connue.

 

Ces enquêtes évoluent dans deux milieux forts différents qui ne se rencontrent pas, mais représentent bien le contexte des deux époques. D'une part les services américains, thème du précédent roman d'Arnaldur Indridason (Opération Napoléon, NB novembre 2015), qui utilisent dans les années soixante-dix l'implantation des bases nordiques, entretenant des relations ambiguës avec les habitants ; d'autre part ces étrangers qui apportent depuis les années cinquante un courant de modernité dont les jeunes cherchent par tous les moyens à profiter. Si le suspense s’étiole un peu vite au gré de curieuses coïncidences, l’atmosphère de la vie en Islande est toujours peinte avec réalisme et les personnages secondaires, bien campés, maintiennent intérêt et empathie. (V.M. et B.Bo.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

 

«La sentinelle de Lisbonne» 

ZIMLER Richard 

Ed : Rouergue

 

 

 

Henrique Monroe, inspecteur de police à Lisbonne, n'est pas un flic comme les autres. Son comportement singulier sur les scènes de crime est même légendaire, comme ne va pas tarder à le découvrir Luci, la jeune inspectrice qui débute à ses côtés. Et si ses collègues comme sa hiérarchie s'en accommodent, c'est uniquement parce que Monroe est un enquêteur exceptionnel. D'une trempe qu'on n'attendrait pas d'un doux excentrique toujours affublé d'un bolo, comme tout natif du Colorado qui se respecte, lui qui est né dans le décor vertigineux du Grand Canyon. Mais lorsque Monroe est appelé sur les lieux du meurtre particulièrement odieux d'un homme d'affaires en vue, Pedro Coutinho, ce n'est pas seulement l'enquête qui part en vrille, mais sa propre personnalité. En effet, les détails de l'affaire raniment les souvenirs de son enfance américaine, passé qu'il a fui en s'installant au Portugal et qu'il dissimule depuis toujours. 

 

 

 

«Surtensions» 

NOREK Olivier 

Ed : Michel Lafon

 

 

 

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ? Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ? 
Des âmes perdues, des meurtres par amour, des flics en anges déchus : la rédemption passe parfois par la vengeance... 
Olivier Norek pousse ses personnages jusqu'à leur point de rupture. Et lorsqu'on menace un membre de son équipe, Coste embrasse ses démons.

 

 

 

 

«L'envers de l'espoir»  

BORMANN Mechtild 

Ed : Le Masque

 

 

 

Mathias vit dans une ferme isolée, un jour il recueille une jeune femme originaire d’un pays de l’Est, ll décide de l’aider non sans quelque appréhension et il a raison car elle est traquée par des hommes en 4x4 noir qui semblent dangereux. Parallèlement dans la zone interdite de Tchernobyl, Valentina, une femme seule, essaye de garder espoir dans le retour de sa fille, disparue après avoir postulé pour un échange universitaire avec l’Allemagne. Valentina note dans un cahier les différents moments de sa vie à Tchernobyl, ce qu’elle sait de sa famille, de la catastrophe et de tout ce qu’elle a deviné petit à petit à ce sujet. Un cahier pour garder espoir, pour ne pas baisser les bras, pour dire à sa fille tout ce qu’elle ne lui a pas dit…

 

 Un bon roman policier basé » sur des faits historiques très interessants. Le lecteur est happé par l’histoire dès la première page. Les thèmes entremêlés , tiennent en haleine sans que cela semble jamais artificiel : la catastrophe de Tchernobyl, le trafic d’êtres humains, la corruption, les mensonges étatiques… Plusieurs points de vue alternent selon les chapitres et le suspens dure jusqu’à la fin. 

(Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

 

«The whites» 

PRICE Richard 

Ed : Presses de la Cité

 

 

 

Milieu des années quatre-vingt-dix. Le jeune Billy Graves est flic au sein d'une brigade anticriminalité de l'un des pires districts du Bronx. Il fait partie d'un groupe de policiers prometteurs, les Wild Geese, et une carrière brillante lui semble assurée. Jusqu'au jour où il tire accidentellement sur un gamin. L'affaire, fortement médiatisée, lui vaut d'être mis au placard quelque temps. 
Aujourd'hui, Billy est devenu chef d'une équipe de nuit du NYPD. Son quotidien : sillonner les rues de New York, de Wall Street à Harlem, pour en assurer la sécurité, même s'il sait que certains criminels passeront toujours au travers des mailles du filet. Ces derniers, il les surnomme les " whites ", ceux qui s'en sortent blancs comme neige. Chaque policier en a un qui l'obsède. 
Puis vient un appel qui change tout : un meurtre a eu lieu à Penn Station. Et la victime n'est autre que le white d'un de ses anciens coéquipiers. Lorsqu'un autre white est assassiné, Billy commence à s'interroger : quelqu'un serait-il en train de régler ses comptes ? Et qui est cet homme qui, soudainement, paraît s'intéresser à sa femme et à ses enfants, au point de les prendre en filature ?

 

 

 

«Lagos Lady»

ADENLE Leye 

Ed : Métailié

 

 

 

Guy Collins, ancien avocat et journaliste inexpérimenté, est envoyé au Nigeria suivre les élections. Dès son arrivée, il est mêlé à un meurtre rituel, une pratique de sorcellerie qui nécessite des organes humains, en l’occurrence les seins d’une jeune prostituée. Et c’est un enchaînement cauchemardesque : meurtres, brutalités policières, prostitution, corruption, Lagos est la ville de tous les vices. Seule, la belle Amaka semble lutter contre l’exploitation des filles.

 

C’est le premier roman du Nigérian Leye Adenle. Il fait une description effrayante de ce pays où règnent violence et corruption. Lagos est la ville des contrastes, la misère voisine avec la tranquillité de Victoria Island, enclave de luxe protégée par la police grassement stipendiée. Les gangs pullulent, les innombrables prostituées, bien obligées de gagner leur vie, sont aidées par les « Bons Samaritains ». Cette vision apocalyptique au réalisme angoissant d’un pays en plein chaos, d’une dangerosité extrême, est heureusement illuminée par une jeune femme exceptionnelle, dont on ne peut que tomber amoureux. Cet ouvrage cru, très touffu, témoigne de la complexité de ce gigantesque pays et ne se lâche pas. (C.-M.M. et E.G.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

«Condor» 

FEREY Caryl  

Ed : Gallimard

 

 

 

Dans un quartier défavorisé de Santiago, un adolescent est retrouvé mort dans un terrain vague, victime sans doute d’une overdose. Enrique est la quatrième victime en quelques jours. Gabriela, jeune Indienne mapuche, vidéaste, veut découvrir la vérité. Elle rencontre Esteban, un avocat issu d’une famille aisée qui accepte de l'aider dans cette tâche. Une histoire d'amour se noue entre ces deux écorchés vifs. Les meurtres et barbaries diverses se multiplient autour d’eux. Le trafic de drogue omniprésent touche toutes les classes de la société, des bas-fonds de Santiago aux élites politiques et industrielles... Une course haletante s'achèvera dans le désert d'Atacama.

 

Dans ce thriller, l'auteur fait un retour en Amérique du Sud (Zulu, NB juin 2008).Tout au long du roman une trame sociologique et historique évoque la dictature de Pinochet dont certains acteurs tiennent toujours le haut du pavé. Ce passé totalitaire tout comme les croyances des Indiens mapuches créent un roman dans le roman. Caryl Férey, avec une parfaite maîtrise tant des lieux que des populations ou du milieu des trafiquants, décrit des scènes de violence difficilement soutenables. Le suspense est à son comble jusqu'à la fin. (C.M. et N.C.D.) (Extrait de la revue Notes Bibliographiques de l’union Nationale CBPT)

 

 

 

Mars 2016

 

 

 

«Zac»

 

KALLENTOFT, Mons  

Ed : Gallimard

 

 

Zack Herry est inspecteur à la police criminelle de Stockholm. Tandis qu’un quadruple assassinat de "masseuses" thaïlandaises occupe ses journées, ses nuits sont peuplées des images du meurtre non élucidé de sa mère ; un cauchemar qu’il s’emploie à oublier dans l’alcool et la cocaïne. La découverte de l’affrontement de gangs pour le contrôle des salons de massage va révéler de sordides trafics.

 

Réseaux informatiques, mafia turque, traite d’êtres humains et xénophobie forment la charpente de ce récit à suspense mené plutôt classiquement, qui ménage cependant quelques moments intenses de cyber-traque et de tortures « lupines ». Les interrogatoires peu protocolaires et les nuits sans sommeil révèlent la paranoïa d’un inspecteur aux fêlures mal cicatrisées, qui laisse trop souvent la situation lui échapper et son côté sombre l’emporter. Après les trafics d’enfants (Les anges aquatiques, NB juin 2014) les auteurs de ce polar urbain et contemporain, pas toujours crédible, nous font croiser des hommes pleins de haine pour ceux qui n’ont pas la peau blanche, trafiquants ou consommateurs de femmes prises au piège de promesses fallacieuses, traitées « comme de vulgaires morceaux de viande ». (Maje et B.T.)

 

 

 

«Coeur de lapin»  

 

WIENERS, Annette

Ed : Robert Laffont

 

 

 

 

Gesine s’occupe avec passion de l’entretien des fleurs d’un grand cimetière. Ex-inspecteur de police, elle vit dans un camping-car où elle a échoué après avoir quitté, dix ans avant, la police et son mari, à la suite du tragique décès de son fils. Un matin, elle a un choc lorsque, préparant un enterrement, elle aperçoit deux petites filles qui lui ressemblent étrangement. Elle réalise vite que ce sont ses nièces, venues pour l’enterrement de leur mère, avec laquelle elle avait rompu tous liens, comme avec ses parents, s’accusant mutuellement d’être responsables de la mort de l’enfant. Aujourd’hui, le décès de sa soeur déclenche une enquête policière qui va raviver de sombres souvenirs.

 

Autant que l’intrigue policière familiale, c’est l’ambiance particulière de ce roman, où le monde du cimetière et ses plantes plus ou moins dangereuses tient un rôle important, qui séduit le lecteur, tout comme la personnalité de l’héroïne : traumatisée par le drame qu’elle a vécu, elle a cependant gardé ses réflexes professionnels. Aux épisodes de l’enquête se mêlent les rappels fulgurants du passé. Malgré quelques invraisemblances dans le comportement des acteurs ou le déroulement des faits, ce premier essai dans le roman policier d’une scénariste allemande est prometteur. (P.B. et A.Le.)

 

 

 

 

«Les salauds devront payer»

 

GRAND, Emmanuel

Ed : Liana Levi

 

 

À Wollaing, petite ville proche de Béthune, où tout le monde se connaît, la fermeture d'une usine de sidérurgie il y a trente ans a laissé des traces. Les conséquences du chômage ont ouvert la porte à des prêteurs musclés et le trafic de drogue est omniprésent. Lorsque l'on découvre dans un terrain vague le corps d'une adolescente héroïnomane, les recherches se dirigent très vite vers ce réseau financier. Mais de nouvelles victimes confirment Erik Buchmeyer, commandant de police placardisé pour anticonformisme, dans son idée première : il faut creuser dans le passé pour extirper les racines du mal.

 

Voici un roman policier bien ficelé. Emmanuel Grand (Terminus Belz, NB mars 2014) prend pour toile de fond le climat social d'une friche industrielle du Nord de la France, en butte à une misère sans nom après la fermeture des usines dans les années quatre-vingt. Les personnages sont bien campés et l’auteur a une approche assez délicate de la vie de ces laissés-pour-compte. La lecture est facile malgré quelques scènes d’une rare violence. Le rythme est soutenu et la tension monte jusqu’aux dernières pages. Un bon moment de lecture. (C.M. et S.L.)

 

 

 

 

«Je sais où tu es» 

 

RENDAL, Claire

Ed : Albin Michel

 

 

Où que Clarissa aille, Rafe est là. Ses messages saturent son répondeur ; ses cadeaux qu'elle refuse s'entassent devant sa porte. Rafe a été clair : rien ne peut le faire renoncer. Pour échapper à son emprise, Clarissa décide de le piéger... Un thriller fascinant, best-seller en Angleterre, qui envoûte le lecteur jusqu'à sa fin, absolument terrifiante.

 

 

 

 

 

«Brunetti entre les lignes» 

 LEON, Donna

Ed : Calmann Levy

 

 

C’est le printemps à Venise ; le célèbre commissaire Brunetti est dérangé dans son train-train quotidien par un appel de la directrice d’une prestigieuse bibliothèque qui vient de découvrir que parmi ses précieux livres anciens plusieurs ont été découpés, certains même ont disparu ! Le commissaire se rend donc sur place avec son fidèle adjoint, et c’est l’occasion pour lui de se plonger dans l’étude du commerce lucratif des livres anciens ; un mystérieux chercheur américain est soupçonné, mais l’enquête se complique quand l’un des lecteurs habituels de la Bibliothèque est assassiné…

 

Le charme de cette vingt-troisième enquête du sympathique commissaire Brunetti (Le garçon qui ne parlait pas, NB Avril 2015) tient toujours dans l’ambiance de la ville de Venise que Donna Leon retranscrit à merveille : on aime le voir marcher dans les rues, s’arrêter pour boire un café, emprunter le vaporetto, ou monter dans la très rapide vedette de la police… Les personnages sont toujours aussi attachants : la subtile signora Elettra, le falot vice-questeur Pattà, ou la charmante épouse Paola… et, en prime, on pénètre dans l’univers des bibliophiles. L’enquête traîne un peu en longueur, ce qui n’est pas pour déplaire au lecteur qui profite un peu plus longtemps du voyage ! (E.L. et N.C.D.)

 

 

 

 

 

«Promesse» 

 

ADLER-OLSEN, Jussi

Ed : Albin Michel

 

 

Après un ultime message demandant l’aide du Département V chargé d’élucider les affaires classées, le brigadier Habersaat se tire une balle de revolver dans la tête lors de son pot de départ. Il avait consacré sa carrière, au détriment de son couple, à enquêter sur la mort mystérieuse d’une jeune fille victime d’un chauffard ayant pris la fuite. Son propre fils se suicide lui aussi peu après. Aidé de son assistante et de son adjoint, l’inspecteur Morck reprend l’enquête qui le met sur diverses pistes et, en particulier, sur celle d’une secte dont le gourou au fort charisme est adepte du soleil..

 

Dans cette sixième enquête du département V, on retrouve le trio atypique et bien connu de L’effet papillon (NB mars 2015), dont les relations ne manquent pas de saveur. Assez mince au début, l’intrigue s’étoffe et se ramifie au fur et à mesure des investigations et des découvertes, ménageant habilement plusieurs dénouements possibles. La vie quotidienne très couleur locale, l’humour de certaines situations, le côté profondément humain des enquêteurs donnent à ce polar un côté attachant, contrastant avec la perversité et la cruauté de certains personnages. (M.Ba. et M.-N.P.)

 

 

 

 

 

«Les enfants du Cap»

 

 ROWE, Michelle

Ed : Albin Michel

 

 

Sur la plage d’un quartier chic du Cap, Marge, ancienne psychologue criminelle, découvre le cadavre d’un homme blanc. Persy Jonas, jeune inspectrice métisse très indépendante, soucieuse de faire ses preuves, obtient de haute lutte la direction de l’enquête. Mais la psychologue interfère dans la démarche de la policière et la pousse vers différentes pistes. Les rapports entre les deux femmes d’origine sociale et d’âge très différents rythment cette recherche de la vérité, tandis que le passé traumatisant resurgit

 

Autant que l’enquête, plutôt complexe et perturbée par de nombreuses péripéties, c’est l’ambiance particulière de la ville et de sa banlieue qui occupe la place centrale de ce policier, opposant la beauté sauvage de la pointe de l’Afrique du Sud à la violence humaine. D’une écriture riche et pointue, l’auteur, dont c’est le premier roman, dresse un tableau cru des maux qu’affronte ce pays : corruption, racisme et inégalités sociales, alcool, drogue et délinquance sexuelle, sur fond de spéculation immobilière effrénée, maux encore exacerbés par l’afflux d’immigrants africains. Maintenant le suspense jusqu’au bout, elle campe des personnages éclectiques, fouille leur psychologie troublante et livre un tableau aux paysages somptueux mais à la société accablée, bien loin des espoirs de la « nation arc-en-ciel ». (P.B. et M.Bo.)

 

 

 

 

 

«Meurtres à Willow Pond» 

 

 CRABB, Ned

Ed : Galmeister

 

 

Sur les rives d'un petit lac du Maine, Alicia et Six Godwin coulent une existence paisible, entre la librairie qu'ils ont créée et leur passion commune pour la pêche. Jusqu'au jour où ils décident de passer le week-end dans le luxueux lodge que leur richissime cousine, Iphigene Seldon, dirige d'une main de fer. Agée de 77 ans et dotée d'un caractère bien trempé, la vieille femme a justement convoqué ce même week-end ses nombreux héritiers pour leur annoncer qu'elle modifie son testament. Au lodge, l'atmosphère devient électrique. Et tandis qu'un orage d'une extrême violence se prépare, tous les membres de la famille se laissent envahir par des envies de meurtre. Débordant d'un humour féroce, Meurtres à Willow Pond combine intrigue sans failles et rythme haletant. Ned Crabb mène le lecteur en bateau jusqu'à la dernière page, à la manière d'une Agatha Christie qui aurait appris à pêcher à la mouche, un verre de bourbon à portée de main.

 

 

 

 

 

«Methode 15-33»

 

 KIRK, Shannon

Ed : Denoël

 

 

Imaginez une jeune fille de 16 ans, enceinte et vulnérable, que l'on vient d'arracher de force à la douceur de son foyer pour la jeter dans une camionnette crasseuse. Elle est seule, terrifiée... Maintenant, imaginez une jeune fille de 16 ans, enceinte et manipulatrice de génie, que l'on vient de jeter à l'arrière d'une camionnette crasseuse. Dès les premières minutes de son enlèvement, elle se focalise avec calme et détermination sur deux choses : sauver l'enfant qu'elle porte et se venger. Méthodique et calculatrice, elle met au point un plan à l'organisation quasi scientifique où rien n'est laissé au hasard. Sa volonté de fer et son ingéniosité seront ses meilleures armes contre la brutalité de ses oppresseurs et il ne lui restera alors plus qu'à attendre le moment idéal pour lancer son attaque.

 

 

«Ne pars pas sans moi»

 

MACMILLAN, Gilly

Ed : Les Escales

 

 

Par un joyeux dimanche, Rachel et son petit garçon de 8 ans se promènent en forêt. Désirant plus que tout être une bonne mère, et soucieuse de l'indépendance et de l'autonomie de son enfant, Rachel l'autorise à partir quelques mètres devant elle pour aller jouer. Arrivée au bout du chemin, l'angoisse la saisit : Ben a disparu.

Après une conférence de presse catastrophique, médias et réseaux sociaux se déchaînent. Pour eux, Rachel est responsable de la disparition de son enfant. Pourquoi n'a-t-elle pas veillé sur lui ? Comment se fait-il qu'elle ait du sang sur les mains ? Pendant que la police se lance dans une véritable course contre la montre pour retrouver Ben, Rachel se débat entre la culpabilité, le désespoir et la peur.

Rongée par le doute, assaillie par la violence de ceux qui la croient coupable et tandis que la moindre de ses certitudes s'écroule, elle ne sait plus quoi faire. Attendre patiemment que les forces de l'ordre lui ramènent son fils ou suivre son instinct et partir elle-même à sa recherche ?

"Un thriller d'une tension inégalée"

 

Novembre 2015

 

 

 

 

 «Amelia»

 

de Kimberley MCCREIGHT

Ed. le Cherche midi

 

 

 

Amelia, quinze ans, est élève dans un établissement huppé de Brooklyn. Kate, sa mère, célibataire, est avocate dans un grand cabinet new-yorkais. Amelia est une excellente élève, aimée de tout le monde. Mais elle est en butte dans son école au harcèlement cruel d'un « gang » de filles et n’en parle pas à sa mère. Kate reçoit un appel du collège d’Amelia lui demandant de venir la récupérer immédiatement. Lorsqu’elle arrive, elle découvre le corps inanimé de sa fille sur le trottoir. Amelia se serait-elle suicidée ? Pourquoi ? Kate, abasourdie, cherche à comprendre. Quand elle reçoit un SMS anonyme : « Amelia n'a pas sauté », elle va tout faire pour découvrir la vérité.

 

Kimberly McCreight aborde dans ce premier roman les problèmes des adolescents. Dans un style très contemporain alternant narration, chapitres à la première personne, échanges de SMS, l'auteur donne une image glaçante d'un univers pervers et de la manière dont l’héroïne est poussée à bout. La vérité surgit progressivement, révélant les secrets cachés de chacun des protagonistes, adultes et jeunes. Ce livre, bien construit, tient en haleine et soulève un morceau du voile qui enveloppe les lourds mystères de l'adolescence. (A.M. et D.A.)

 

 

«Les assassins»

 

de R.J. ELLORY

Ed. Sonatine

 

 

 

Durant l’hiver 1984, John Costello, âgé de dix-sept ans, échappe au marteau d’un serial killer. Vingt ans plus tard, enquêteur dans un journal, il affronte ses souvenirs en mettant au service de l’inspecteur Irving sa phénoménale mémoire. À New York, il semble qu’une série de crimes soit la parfaite réplique d’assassinats remontant à trois décennies. Tuant le jour anniversaire du meurtre originel, le « Commémorateur » devient le cauchemar de la police.

 

Auteur anglais qui situe ses thrillers outre-Atlantique, R.J. Ellory ne cède pas à la facilité de l’hémoglobine. Sans complaisance morbide, il énonce les faits. Pas de traque haletante, mais une pression qui va croissant jusqu’à un final tendu. Après Les Neuf Cercles (NB novembre 2014), il privilégie encore la psychologie et fait la part belle aux sensations et aux sentiments de policiers qui gèrent des émotions à fleur de peau et cherchent à rationaliser l’irrationnel. Fort d’une imposante documentation, l’auteur fait revivre les crimes de tueurs états-uniens célèbres et, si certains passages confinent aux rapports techniques, il sait garder captif le lecteur. Préjugés, pulsions de mort, fétichisme macabre, des thèmes qui restent pour l’écrivain une source d’inspiration. (Maje et M.Bo.)

 

 

«Lontano»

 

  de J.C GRANGE

Ed. Albin Michel

 

 

 

2012. Morvan, ex-premier flic de France, envoie en urgence son fils Erwan, commissaire de police à Paris, enquêter sur un bizutage mortel dans une école aéronavale du Finistère. Rapidement celui-ci se rend compte que la victime a été abominablement torturée. Lorsqu’une seconde morte est découverte identiquement suppliciée, un rapprochement s’impose avec les atrocités commises par l’Homme-Clou, tueur que son père a capturé au Congo dans les années soixante-dix. Jusqu’où ira son imitateur ? Qui veut-il détruire ?

 

Deux fils rouges s’entrecroisent sur fond de sadisme et de magie africaine : la concurrence féroce des dirigeants congolais et des barbouzes de la Françafrique (dont le père, Morvan, est un éminent représentant) autour du précieux coltan, extrait dans la ville de Lontano ; et les sentiments, aussi violents qu’ambivalents que se vouent les membres de la famille Morvan depuis l’enfance, qui mettent en péril les manigances du patriarche. Jean-Christophe Grangé (Kaïken, NB novembre 2012), se fondant sur des connaissances précises de l’histoire et des coutumes du Congo, raconte avec son talent habituel cette équipée d'un tueur fou en y associant une peinture mordante des puissants français et congolais. Huit cents pages à lire d’un coup, une suite est annoncée ! (C.P. et B.Bo.)

 

 

«On ne réveille pas un chien endormi»

 

de Ian RANKIN

Ed. du Masque

 

 

 

Rebus a réintégré la Crim’, au grade de sergent, sous l’autorité de l’inspecteur Shiobban Clarke. Une nouvelle loi vient de passer au Parlement : elle autorise le réexamen d’affaires criminelles en levant la durée de la prescription. Une affaire de bavure policière vieille de trente ans est rouverte par Malcom Fox, avec Rebus en ligne de mire. Ses anciens collègues de Summerhall, qui s’appelaient entre eux les Saints de la bible d’ombre, sont soupçonnés d’avoir falsifié des preuves pour innocenter l’un d’entre eux. Au milieu de la tourmente politique qui risque de secouer l’Écosse, qui sont les saints et qui sont les pécheurs ?
Un grand Rebus sur fond de référendum sur l’indépendance de l’Écosse.

 

 

«Les innocents»

 

de Robert POBI

Ed. Sonatine

 

 

 

L'Inspecteur Alexandra Hemingway pensait avoir tout vu... Elle n'avait pas connu le pire... Après L'Invisible, le nouveau thriller cauchmardesque de Robert Pobi. D'un tempérament impétueux, souvent borderline, Alexandra Hemingway, inspectrice à la section des homicides violents à New York, a l'habitude des enquêtes difficiles. Totalement impliquée dans son métier, elle n'hésite pas à prendre tous les risques. Son visage, refait, marqué par de multiples cicatrices, est là pour le prouver. Le jour où l'on retrouve dans l'East river le corps d'un enfant dont les pieds ont été sectionnés, l'affaire s'annonce particulièrement délicate. D'autant plus que la presse n'hésite pas à consacrer ses gros titres à ce genre de meurtre et à venir perturber les investigations. Lorsqu'un autre enfant est enlevé, la panique gagne Manhattan. Panique d'autant plus justifiée que le prédateur à l'œuvre est l'une des figures du mal les pires qui soient. Habituée aux noirceurs les plus effroyables de l'âme humaine, Alexandra pensait avoir tout vu. Elle n'avait pas connu le pire. Après L'Invisible (Sonatine Éditions, 2012), Robert Pobi nous offre un nouveau thriller cauchemardesque parfaitement ciselé.

 

 

«Tu tueras le père»

 

de Sandrone DAZIERA

Ed. Robert Laffont

 

 

 

Un homme fait de grands gestes sur la route ; aux policiers qui s’arrêtent, il explique que son épouse et son fils ont disparu. On retrouve la femme décapitée dans les bois mais aucune trace du petit garçon : le père est accusé du crime. Colomba Caselli, belle commissaire aux yeux verts, en disponibilité après un sévère traumatisme, et Dante Torre, claustrophobe pour avoir été séquestré onze ans dans un silo désaffecté, pressentent une erreur d'instruction. Dante, adolescent quand il s’est échappé vingt ans auparavant, est persuadé que son tortionnaire, « le Père », sévit toujours. Les deux associés vont déployer une incroyable énergie pour le retrouver.

 

Après une longue interruption (Sandrone se soigne, NB mai 2002), Sandrone Dazieri publie un thriller au sujet impressionnant : le rapt de jeunes enfants que leurs familles croient morts. Pour quel mobile ?… Les pistes pour retrouver « le Père » gagnent en horreur alors que son existence même reste mystérieuse. Des scènes de violence, des découvertes macabres et de mystérieux chapitres en italique entretiennent le suspense. Les deux enquêteurs officieux sont limite borderline, mais diablement efficaces et attachants. Un roman très humain, complexe et dense, servi par une écriture énergique, prenant jusqu’au dénouement. (V.M. et M.-C.A.)

 

«Hiver rouge»

 

de Dan SMITH

Ed. Le Cherche Midi

 

 

 

1920, Russie centrale. La terreur s'est abattue sur le pays. À la mort de son frère, Nikolaï Levitski a déserté l'Armée rouge pour aller l'enterrer dans son village. Mais lorsqu'il arrive dans la petite communauté, perdue en pleine nature, c'est la stupéfaction. Les rues sont vides et silencieuses. Les hommes ont été massacrés dans la forêt alentour, les femmes et les enfants ont disparu. Nikolaï se met alors sur la piste des siens. C'est le début d'une quête aussi désespérée que périlleuse dans une nature hostile, au cœur d'un pays ravagé par la guerre civile. Une fois de plus, Dan Smith nous offre un roman à l'intensité exceptionnelle. On retrouve son goût pour les personnages inoubliables, son talent pour mêler l'histoire et l'intime, et faire éprouver au lecteur une véritable sensation physique des conditions de survie en milieu extrême.

 

                                                                                                                   Avril 2015

 

 

«Pièges et sacrifices»

    

de SMITH Roger

Trad. de l' anglais par Elsa Maggion.

Ed: Calmann-Lévy

 

 

 

Alors que sous leurs yeux leur fils a tué une jeune fille blanche à coups d’haltère, Beverley et Michael livrent à la police un récit accusant le garçon de leur domestique noire, que chacun sait accro à la drogue. Leur vie fastueuse, qui recèle un autre secret, ne les met pas à l’abri de la vindicte de la soeur de l’accusé, convaincue de la culpabilité de Christopher.

 

Cape Town est une ville dangereuse où la disparité des richesses fait se côtoyer bidonvilles et banlieue huppée. L’auteur sud-africain s’abreuve aux fléaux qui gangrènent la ville pour édifier un scénario impitoyable, dépourvu de tout sens moral. Le roman est dur, parfois violent, dans la veine de Le sable était brûlant (NB mai 2013). Pauvreté, drogue, racisme, loi des gangs, Roger Smith mobilise le sordide des townships aussi bien que l’impunité des riches et passe par la difficile et douloureuse équation du métissage. Il explore la culpabilité et la faiblesse, la manipulation et l’engrenage de la vengeance, quand le besoin d’infliger la souffrance à celui que l’on sait coupable devient viscéral. Œil pour oeil… Une histoire racée, sans concession, dont les chapitres courts donnent le rythme. (Maje et B.T.) (extrait de la revue les Notes Bibliographiques de l’Union Nationale CBPT) 

 

 

 

 

«Mr Mercedes»

    

de KING Stephen

Trad. de l' anglais par Océane Bies et Nadine Gassie.

Ed : Albin Michel

 

 

 

10 avril 2009. Au petit matin, un homme fonce sur une foule de demandeurs d’emploi au volant d’une Mercedes volée : huit morts, une dizaine de blessés. 2010. L’inspecteur Hodges, depuis quelques mois à la retraite et plutôt déprimé, reçoit une lettre provocante signée par « le tueur à la Mercedes » jamais identifié. Il se persuade qu’il a affaire au vrai meurtrier et craint qu’il ne récidive. Avec l’aide d’un jeune Noir, doué en informatique, il reprend l’enquête.

 

Stephen King (Joyland, NB juillet-août 2014) excelle à distiller l’angoisse au fur et à mesure que ses nombreux personnages, tous plus ou moins mal dans leur peau, prennent vie et se débattent pour survivre. Brady le meurtrier, qui défie par lettres et mails le policier, est dévoré progressivement par la folie à laquelle son enfance effroyable n’est pas étrangère. Hodges, ex-inspecteur fatigué, subtil et obstiné, prend des risques de plus en plus grands et met en danger ceux qu’il aime, aveuglé par son désir de vengeance. L’auteur, qui dédie Mr Mercedes à J. M. Cain, un des pionniers du roman noir, est incontestablement un virtuose du genre. (C.P. et A.Be.) (extrait de la revue les Notes Bibliographiques de l’Union Nationale CBPT) 

 

 

 

«Temps glaciaires»

    

de VARGAS Fred

Ed : Flammarion

 

 

 

Alice Gauthier, professeur à la retraite, est retrouvée dans sa baignoire tout habillée, les veines ouvertes. Le commissaire Adamsberg, dépêché sur place, remarque un dessin étrange en forme de « H » près du cadavre. Le même signe est découvert à côté d’Henri Masfauré, chercheur et riche propriétaire, mort par balle en vallée de Chevreuse. Ces deux personnes avaient participé à un voyage au Cercle Polaire qui s’était terminé en catastrophe. Après une annonce passée sur Facebook, Adamsberg est contacté par un singulier personnage dirigeant une société secrète des amis de Robespierre dont faisaient curieusement partie Gauthier et Masfauré.

 

On ne pouvait se passer plus longtemps du commissaire Adamsberg. Fred Vargas campe son héros et son équipe de policiers décalés avec autant de talent que dans son précédent roman (L’armée furieuse, NB juillet-août 2011). L’enquêteur au flair légendaire semble très en forme même s’il donne l’impression de toujours flotter entre deux nuages. L’auteur prend un malin plaisir à mêler deux intrigues originales sans lien apparent : un jeu de rôles retraçant les sombres procès de la Terreur et une aventure glaçante sur une île islandaise. Un roman efficace et baroque avec un ton toujours très original. (E.Ca. et M.S.-A.) (extrait de la revue les Notes Bibliographiques de l’Union Nationale CBPT) 

 

 

 

«Une vie si convenable»

    

de RENDELL Ruth

Trad. de l' anglais par Johan-Frédérik Hel Guedj.

Ed: des Deux Terres

 

 

Grace et son frère Andrew, qui partagent la même maison à Londres, sont rejoints par James, le beau compagnon d’Andrew. Séduite par l’amant de son frère, Grace se donne à lui sans réfléchir : une grossesse débute... Pour son doctorat, elle prépare une thèse comparant les amours homosexuelles à la dramaturgie des mères célibataires dans la littérature anglaise du XIXe siècle. À cette occasion, elle découvre un roman publié à compte d’auteur illustrant les deux thèmes ci-dessus et en fait la lecture. Les temps ont changé, la société est devenue tolérante et la législation moins accablante.

 

Toujours redoutablement efficace, Ruth Rendell (Bon voisinage, NB mars 2014) se penche sur l’évolution des moeurs qui permet aujourd’hui de choisir une grossesse, un compagnon, un style de vie, sans tabou, chacun étant libre de mener la vie qu’il souhaite. Pourtant il semble que cette liberté soit menacée lorsque ces personnes, homosexuels, mères célibataires, sont fragiles, socialement ou psychologiquement. Elles s’exposent plus que la majorité à de graves sévices. La construction originale – un roman dans le roman – permet de comparer les époques. Ici pas de suspense, mais une intrigue prenante, tressée entre sociologie et psychologie, avec beaucoup de finesse et d’acuité. (extrait de la revue les Notes Bibliographiques de l’Union Nationale CBPT) 

 

 

 

 

«Les ombres de Katyn»

    

de KERR Philip

Trad. de l' anglais par Philippe Bonnet.

Ed : Ed. du Masque  

 

 

En mars 1943, des ossements déterrés par un loup dans la forêt de Katyn près de Smolensk pourraient être ceux d’officiers polonais exécutés par les Soviétiques. Désireux de discréditer la Russie après Stalingrad, Goebbels confie au capitaine Bernie Gunther, un ancien de la criminelle, la mission d’organiser les fouilles et de réunir des experts indépendants. Sur place, alors que le printemps ramène les mouches et la crainte d’une nouvelle offensive russe, l’enquêteur est confronté à une série d’assassinats lourde de conséquences.

 

Après Prague Fatale (NB février 2014), Philip Kerr retrouve son enquêteur fétiche, toujours aussi désabusé et d’un cynisme plein d’humour. Ce dernier aime le schnaps et les belles filles autant qu’il déteste les nazis, mais se tient sur le fil du rasoir, car, pour sauver sa peau, il doit obéir. L’auteur se fonde sur des événements réels où évoluent, habilement mis en scène, les figures historiques et les personnages de fiction. Il raille les officiers supérieurs, aristocrates prussiens arrogants parfois naïfs, dénonce les brutalités de certains SS et les tensions entre Abwehr et Gestapo. Enfin l’enquête, minutieusement menée, maintient le suspense jusqu’au bout. Un polar noir et dense, très bien équilibré. (M.Bo. et Maje) (extrait de la revue les Notes Bibliographiques de l’Union Nationale CBPT) 

 

 

 

«Toutes les vagues de l'océan»

    

de DEL ÁRBOL Víctor

Trad. de l' espagnol par Claude Bleton.

Ed: Actes Sud

 

 

 

À Barcelone, Gonzalo Gil, la quarantaine, avocat sans prétention, mène la vie tranquille d’un homme marié avec deux enfants. Alors qu’il ne l’avait pas vue depuis des années, il apprend le suicide de sa soeur Laura. Elle se serait donné la mort après avoir tué le meurtrier de son fils. Incrédule, Gonzalo se met à fouiller dans l’histoire familiale. Il devra affronter l’image mythique de son père Elias, communiste espagnol parti en 1933 pour l’URSS, disparu mystérieusement en 1967, et se trouvera des adversaires et des alliés inattendus.

 

La force de cet ambitieux roman aux allures policières réside dans le dévoilement progressif du passé multiple du père, que son fils découvre avec stupeur. Victor del Árbol (La maison des chagrins, NB octobre 2013) remonte le temps pour mieux traquer les secrets qu’il cache. De 1933 à nos jours, en chapitres alternés, l’auteur entremêle les péripéties anciennes et la vie des descendants de ses héros et dissèque la psychologie de chacun de ses nombreux personnages. Ce thriller au style alerte a un cadre historique intéressant, il décrit entre autres le funeste camp de déportés de l’île de Nazino en Sibérie. Malgré des longueurs, l’ouvrage tient ses promesses. (L.C. et C.Bl.) (extrait de la revue les Notes Bibliographiques de l’Union Nationale CBPT) 

 

 

 

 

 

 

Mars 2015

 

 

 

 

 

«TERRITOIRES» 

 d’Olivier NOREK

  Ed : Michel LAFON  

 

 

 

Olivier Norek a 38 ans, il est flic depuis une quinzaine d'années en Seine-Saint-Denis. C'est à dire qu’il sait de quoi il parle dans son dernier RP  

 

Banlieues, émeutes, trafic,  meurtre, magouilles politico-financières…. bienvenue dans le 93….Tout commence par le meurtre brutal de  trois dealers qui tenaient le marché de la dope sur la ville de Malceny (93). De quoi mettre la pression sur les deux groupes « Crimes » de la police judiciaire du 93, dont, bien évidemment celui du capitaine Victor Coste. Surtout lorsque ces 3 meurtres sont suivi par l’assassinat chez lui d’un adjoint au maire...

Entre la came planquée chez les retraités, les gamins psychopathes, les politiques qui magouillent tant qu'ils peuvent pour assurer leur réélection ou la paix sociale, il va falloir toute la cohésion du groupe Coste et la collaboration des stups pour essayer d'y voir clair dans les plans machiavéliques tissés en coulisses. Parer le coups fourrés, démêler les intrigues, gérer, plutôt mal que bien, sa vie privé et ses amours naissantes avec Léa Marquet, Victor Coste va devoir jongler avec les limites des procédures contre des criminels et des politiques pour qui la notion de légalité n'est plus qu'un vague souvenir. Il va, entre autres, devoir affronter Andréa Vesperini, maire de Malceny, diablement manipulatrice et autoritaire.

 

L'auteur est policier et ça se sent Avec la précision d’un professionnel, dans un style percutant, maitrisé et vrai, l’auteur dénonce la bureaucratie de son métier qui rend trop souvent leurs actions trop lentes ou inefficaces mais aussi les luttes intestines entre services. Sans langue de bois, il dénonce la corruption, les pots de vin et les petites lâchetés ordinaires de la classe politique ainsi que la triste réalité de la vie des jeunes du 93 L'ensemble du roman sonne juste, et dès les premières page le lecteur est embarqué dans une histoire qui sonne juste et se demande tout au long du livre où commence la réalité et où s’arrête la fiction Bref ! un excellent polar accrocheur, énergique (aucun temps mort) 

 

En résumé, « Territoires » est un vrai coup de cœur 

 

 

 

 

 

 

 «Les écailles d'or»

 de Parker BILAL

 Ed :Seuil

 

 

 

 

 

Le Caire, 1981. Alice, la petite fille d'une junkie anglaise de bonne famille, est enlevée dans les ruelles du souk. 1998. Un milliardaire cairote issu de la pègre, Hafani, sollicite les services du détective privé Makana pour retrouver la star de son équipe de foot, Adil, qui s'est volatilisée du jour au lendemain. Makana, ancien policier qui a fui le régime intégriste soudanais, vivote au Caire sur une awana, sorte de péniche déglinguée, et si son costume défraîchi fait mauvais effet dans l'entourage d'Hafani, son esprit affûté fait mouche. De plus, il entretient de bonnes relations avec un commissaire local et un journaliste politiquement engagé. L'enquête le mène des bistrots crapoteux et des rues poussiéreuses de la capitale aux résidences somptueuses des nantis du régime, et croise la route de la mère d'Alice, sauvagement assassinée alors qu'elle continuait obstinément à chercher son enfant disparue. La séduction indéniable du roman, qui doit beaucoup aux arabesques du conte arabe et aux descriptions bariolées du Caire, offre un contraste saisissant avec un climat de menace constant, impénétrable et mystérieux.

 

 

 

 

 

 «L 'effet papillon»

de  Jussi ADLER-OLSON

Ed : Albin Michel

 

 

 

 

 

Au Cameroun, un fonctionnaire du ministère du Développement et un responsable local découvrent des détournements de fonds humanitaires destinés aux Pygmées. Leur vie ne vaut soudain pas plus que celle du jeune gitan, intelligent et déterminé, qui, à Copenhague, se rebelle contre le chef de son clan. Deux affaires dont les ramifications donnent du fil à retordre à l’inspecteur Morck et à son équipe du Département V.

 

 

D’un roman à l’autre, l’efficacité d’Adler-Olsen, qui allie savoir-faire romanesque et suspense, n’est plus à démontrer. Solidement construite, l’intrigue part d’une simple investigation de routine pour déboucher sur une vaste escroquerie, au plus haut niveau du pouvoir, que viennent soutenir des assassins sans frontières. L’enquête policière ne prend jamais le pas sur l’humain et le plaisir de retrouver le trio atypique conçu par le romancier fait passer quelques défauts mineurs. Comme souvent chez l’auteur qui aime brosser le portrait d’une époque, l’essentiel est dans le regard qu’il porte sur une société nantie, égoïste et sans esprit de solidarité. Une histoire policière bien ficelée qui alterne traque, violence sur mineurs et enquête administrative, sur fond de réalisme social.

 

 

 

 

 

 

 

 «Tous les démons sont ici»

 de Craig JOHNSON

 Ed : Gailmeister

 

 

 

 

Indien Crow d'adoption, Raynaud Shade est considéré comme le plus dangereux sociopathe des États-Unis et représente le cauchemar de tout policier. Finalement interpellé, il avoue avoir enterré un cadavre au beau milieu des Bighorn Mountains, dans le Wyoming, et c'est à Walt Longmire que revient la tâche d'escorter Shade, en plein blizzard, jusqu'au corps. Mais le shérif sous-estime peut-être les dangers d'une telle expédition. Car pour tenter de rétablir la justice, il va devoir braver l'enfer glacial des montagnes et tromper la mort avec, pour seul soutien, un vieil exemplaire de La Divine Comédie de Dante.

Dans ce nouveau volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson transforme le lumineux décor des Hautes Plaines en un inquiétant théâtre des ombres, dans un polar sous très haute tension. Tous les démons sont ici est le septième volet de la série des aventures de Walt Longmire, soutenues par une presse et des libraires unanimes.

 

 

 

 

 

 «Le garçon qui ne parlait jamais»

 de Donna LEON

 Ed : Calmann-Lévy

 

 

 

 

 

 

Tandis que les feuilles d’automne commencent à tomber dans les rues de Venise, le vice-questeur Patta charge le commissaire Brunetti d'enquêter sur une infraction commise par le magasin de masques sur le campo San Barnaba appartenant à la future bru du maire.

    Mais voilà que sa femme, Paola, lui présente elle aussi une requête. L'homme, certainement handicapé mental, qui travaillait dans leur pressing, vient de mourir d'une overdose de somnifères. Paola ne peut supporter l'idée que personne ne l'ait jamais remarqué ni aidé, dans la vie comme dans sa mort. Intrigué lui aussi par le décès de ce personnage qu'il a croisé pendannt de nombreuses années, Brunetti entame des recherches dans le dos de son supérieur.

    A sa grande surprise, il ne découvre rien sur cet homme : pas d'acte de naissance, pas de passeport, pas de carte de crédit. Pour l'administration italienne, il n'a jamais existé. Plus étrange encore, sa mère refuse de parler à la police et assure que les papiers d'identité de son fils ont été volés lors d'un cambriolage.

    Au fil des révélations, on découvre qu'une famille d'aristocrates, les Lembo, semble mêlée à cette mort mystérieuse. Mais pour quelle raison ces gens puissants et influents auraient-ils éliminé ce malheureux simple d'esprit ?